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Gentille Annette de Boëldieu

La musique que vous entendez, jouée depuis 1821 sur les toits de Calais, est l'air de 'Gentille Annette' de Boëldieu, interprété par Michel Hippolyte.

blason calais rappelARMOIRIES DE LA VILLE DE CALAIS De gueules à l’écusson d'azur chargé d’une fleur de lis d’or soutenue d’un croissant d’argent, l’écusson sommé d’une couronne fermée de France d’or, accosté de deux croix de Lorraine d’argent et accompagné en pointe d’un besant d’argent chargé de la croix de Jérusalem d’or. Le blason de Calais fut accordé par le roi Henri II en 1558. La croix de Jérusalem et le croissant évoquent le passage, dans cette ville, des croisés français et anglais. La fleur de lys et la couronne marquent la satisfaction du roi de France de recouvrer Calais après plus de deux siècles d'occupation anglaise. Les croix de Lorraine font référence au libérateur de la ville, le duc de Lorraine, François de Guise. Elles furent confirmées par lettres patentes de Louis XVIII, le 19 avril 1817. Sur les armoiries, figurent de gauche à droite : la croix de guerre 1914-1918 (25 août 1919), la Légion d'honneur (12 juillet 1947) et la croix de guerre 1939-1945 (08 mai 1949).drapeau calais rappel2LE DRAPEAU DE CALAIS Calais est l'une des seules cinq villes de France à être autorisée à avoir son propre drapeau, sur ordonnance royale, avec Dunkerque, Boulogne sur Mer, Le Havre et Saint Malo. Le drapeau calaisien, constitué d’une croix scandinave blanche sur fond bleu d’azur, est celui qui flotta sur l'ancien beffroi, à la tête des milices bourgeoises et aux mats des vaisseaux corsaires de la Ville. Après une longue période d’absence, en 2017 le drapeau de Calais flotte de nouveau sur les toits de la ville, au sommet de la tour du Guet.

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Marie Stuart

Proverbe anglais :
Si tu veux vaincre le Français, commence d’abord par l’Écossais.
Marie Stuart naquit le 06 décembre 1542 dans un contexte difficile pour l’Ecosse : la défaite militaire de Solway Moss face aux Anglais, douze jours avant, et la mort du roi son père, huit jours après. Une dizaine d’années auparavant, Henri VIII d’Angleterre avait rompu avec l’Église catholique romaine dans le cadre de son remariage avec Anne Boleyn et il attendait que son neveu Jacques V d’Écosse en fasse autant. Ce dernier, peu soucieux de se placer sous la houlette de son puissant et turbulent voisin, rechercha en France une alliance qui lui permettrait de maintenir ses positions. En 1537, il épousa Madeleine de France, la fille de François 1er, mais cette union fut de courte durée car The Queen consort Madeleine décéda quelques mois seulement après son arrivée en Écosse. Persévérant, Jacques V se remaria moins d’un an plus tard avec Marie de Guise, fille du duc de Lorraine et sœur du futur libérateur de Calais, une famille renommée pour son catholicisme militant. De cette union naquirent bientôt deux fils, morts en bas âge, puis la petite Marie. Il n’y en aurait pas d’autre, et Marie fut proclamée reine d’Écosse au berceau, sa mère assumant la régence jusqu’à la majorité.
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Passagers Mensuels

Marie Stuart quitte le France à jamais

Proverbe anglais :
Si tu veux vaincre le Français, commence d’abord par l’Écossais.
Marie Stuart naquit le 06 décembre 1542 dans un contexte difficile pour l’Ecosse : la défaite militaire de Solway Moss face aux Anglais, douze jours avant, et la mort du roi son père, huit jours après. Une dizaine d’années auparavant, Henri VIII d’Angleterre avait rompu avec l’Église catholique romaine dans le cadre de son remariage avec Anne Boleyn et il attendait que son neveu Jacques V d’Écosse en fasse autant. Ce dernier, peu soucieux de se placer sous la houlette de son puissant et turbulent voisin, rechercha en France une alliance qui lui permettrait de maintenir ses positions. En 1537, il épousa Madeleine de France, la fille de François 1er, mais cette union fut de courte durée car The Queen consort Madeleine décéda quelques mois seulement après son arrivée en Écosse. Persévérant, Jacques V se remaria moins d’un an plus tard avec Marie de Guise, fille du duc de Lorraine et sœur du futur libérateur de Calais, une famille renommée pour son catholicisme militant.

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Ferdinand, Duc d'Orléans

Né à Palerme le 03 septembre 1810, pendant l'exil de ses parents, il porte un prénom inusité dans la maison d'Orléans, en hommage au roi Ferdinand de Sicile, son grand-père. On lui donne à la naissance le titre de duc de Chartres. Il vient en France pour la première fois à la chute de Napoléon - il n’a alors que trois ans – et n’y demeure que quelques mois puisque le retour de l’Empereur pour les Cent-Jours contraint la famille à s’exiler de nouveau. Le 14 mars, la duchesse d’Orléans et ses quatre enfants embarquent à Calais pour l’Angleterre. C’est également par Calais, deux ans plus tard, qu’ils effectuent leur retour – définitif ; ils y passent la nuit du 12 avril 1817.
À Paris, le jeune prince reçoit une éducation volontairement identique à celle de ses condisciples du collège Henri-IV, dont Alfred de Musset qui devient son ami. Par la suite, il suit les cours de l’École polytechnique. À quatorze ans, il est nommé officier par le roi Charles X, et rejoint son régiment à Lunéville.
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Passagers Mensuels

Ferdinand, Duc d'Orléans

Né à Palerme le 03 septembre 1810, pendant l'exil de ses parents, il porte un prénom inusité dans la maison d'Orléans, en hommage au roi Ferdinand de Sicile, son grand-père. On lui donne à la naissance le titre de duc de Chartres. Il vient en France pour la première fois à la chute de Napoléon - il n’a alors que trois ans – et n’y demeure que quelques m0ois puisque le retour de l’Empereur pour les Cent-Jours contraint la famille à s’exiler de nouveau. Le 14 mars, la duchesse d’Orléans et ses quatre enfants embarquent à Calais pour l’Angleterre. C’est également par Calais, deux ans plus tard, qu’ils effectuent leur retour – définitif ; ils y passent la nuit du 12 avril 1817.
À Paris, le jeune prince reçoit une éducation volontairement identique à celle de ses condisciples du collège Henri-IV, dont Alfred de Musset qui devient son ami. Par la suite, il suit les cours de l’École polytechnique. À quatorze ans, il est nommé officier par le roi Charles X, et rejoint son régiment à Lunéville.

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Robert Fulton

Robert Fulton est un ingénieur, né en 1765 en Pennsylvanie. Son goût et son talent pour la peinture l’amènent à s’installer en Grande-Bretagne en 1786, où il fréquente l’atelier du peintre Benjamin West mais il se spécialise rapidement dans le dessin industriel car il est aussi un inventeur. Dix ans plus tard, il décide de partir à Paris, pour un court séjour, semble-t-il, avec l’intention d’y présenter son brevet de plan incliné pour canal (qui anticipe celui de l’ascenseur à bateau). Il a alors trente et un ans, et n’est pas encore célèbre.
La chance nous a donné un témoin direct du début de son séjour à Calais, en l’occurrence l’aristocratique madame de Gontaut, née de Montault, laquelle, séjournant en Italie avec ses parents en 1792, s’était trouvée comme eux victime des évènements révolutionnaires. Émigrés sans l’avoir prémédité, ils résident depuis lors en Angleterre avec peu de ressources. C’est pour tenter de récupérer des biens de famille que Mme de Gontaut, alors âgée de vingt-trois ans et qui vient de mettre au monde des jumelles, décide de rentrer au pays. À Douvres, elle négocie un faux passeport au nom de Mme Française (Françoise), commerçante en dentelle. Elle a laissé dans ses Mémoires un récit des évènements.
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Passagers Mensuels

Robert Fulton dans le Calaisis

Robert Fulton est un ingénieur, né en 1765 en Pennsylvanie. Son goût et son talent pour la peinture l’amènent à s’installer en Grande-Bretagne en 1786, où il fréquente l’atelier du peintre Benjamin West mais il se spécialise rapidement dans le dessin industriel car il est aussi un inventeur. Dix ans plus tard, il décide de partir à Paris, pour un court séjour, semble-t-il, avec l’intention d’y présenter son brevet de plan incliné pour canal (qui anticipe celui de l’ascenseur à bateau). Il a alors trente et un ans, et n’est pas encore célèbre.
La chance nous a donné un témoin direct du début de son séjour à Calais, en l’occurrence l’aristocratique madame de Gontaut, née de Montault, laquelle, séjournant en Italie avec ses parents en 1792, s’était trouvée comme eux victime des évènements révolutionnaires. Émigrés sans l’avoir prémédité, ils résident depuis lors en Angleterre avec peu de ressources. C’est pour tenter de récupérer des biens de famille que Mme de Gontaut, alors âgée de vingt-trois ans et qui vient de mettre au monde des jumelles, décide de rentrer au pays.

Reproduction interdite sans l'autorisation formellement écrite des 'Amis du Vieux Calais'.
LE PRINCE DE TALLEYRAND - PERIGORD ET CALAIS

(Texte de Philippe Cassez)

La paix en Europe repose depuis quinze ans sur l’équilibre entre grandes puissances établi au congrès de Vienne quand le renversement de la monarchie des Bourbons de France, à la fin de juillet 1830, semble de nature à la remettre en cause. Qui plus est, quatre semaines plus tard seulement, les Belges se soulèvent contre le roi néerlandais qui leur a été imposé. Et en cette fin d’août, nombreux sont ceux qui, à Paris, s’enflamment pour la cause belge.

À Londres, Guillaume IV vient à peine de succéder à George IV. Le duc de Wellington, le vainqueur de Waterloo, dirige un cabinet conservateur avec Lord Aberdeen aux Affaires Étrangères. Ce dernier reconnaît le nouveau régime français, mais du bout des lèvres, à condition de le maintenir sous surveillance. Pour Louis-Philippe, l’appui de l’Angleterre est crucial : s’il peut s’entendre avec Londres, les autres capitales tolèreront son régime.

Le Prince de Talleyrand

Le prince de Talleyrand et le nouveau roi des Français s’apprécient depuis longtemps. Tous deux sont de notoires anglophiles, et des pacifistes. L’expérience et la renommée du prince sont alors immenses, et il entretient depuis des décennies les meilleures relations avec plusieurs personnalités de premier plan de la vie politique anglaise. Pas de doute, en dépit de son âge – soixante-seize ans – il est l’homme de la situation. À l’issue du Conseil des ministres du 3 septembre 1830, M. de Talleyrand est nommé ambassadeur auprès de Sa Majesté Britannique. Belle revanche personnelle pour l’intéressé, naguère expulsé d’Angleterre par William Pitt ! Il repart cette fois pour Londres avec des messages de paix ; les Anglais sont tout disposés à les entendre.

C’est ainsi sur le tard que le prince-diplomate effectue son premier voyage à Calais, où les journaux témoignent de l’installation du personnel de l’ambassade ; ils nous permettent de constater qu’un ambassadeur ne voyage pas seul !

Passent par Calais en 1830 :

  • 20 août : le général Baudrand, aide de camp de S. M. Louis-Philippe 1er, venant de Paris.
  • 14 septembre : Samuel Brauer, attaché à la maison de M. le prince de Talleyrand, venant de Paris.
  • 15 septembre : les vicomtes de Dreux-Brézé et d’Haussonville, venant de Paris.
  • la comtesse de Vaudreuil, se rendant à Paris.
  • 18 septembre : Esbrat, Anglais, chef de cuisine du prince, venant de Paris.
  • 19 septembre : Coëllier, maître d’hôtel ; Charles Colmache et Daure, secrétaires particuliers du prince, venant tous trois de Paris. Le comte Hippolyte de la Rochefoucauld, secrétaire de l’ambassade de France à Londres, chargé de dépêches, et A. T. Pichon, vice-consul français, se rendant à Paris.
  • 21 septembre : Challaye, consul général de France, attaché à l’ambassade de Londres, venant de (Paris ?).
  • 22 septembre : Léon de Laborde, troisième secrétaire du prince, venant de Paris.
  • 24 septembre : Chodron, attaché à l’ambassade extraordinaire de France en Angleterre, venant de Paris.

L’Indicateur de Calais n° 51 - 26 septembre 1830

M. le prince de Talleyrand, ambassadeur de France en Angleterre, s’est embarqué à Calais vendredi dernier [24] pour se rendre à sa destination. Il était arrivé la veille au soir et était descendu à l’hôtel Dessin.

  • 26 septembre : Alphonse Lutteroth, attaché au ministère des Affaires Etrangères, venant de Paris.
  • la comtesse de Vaudreuil, venant de Boulogne.
  • 29 septembre : Dorothée de Courlande, duchesse de Dino, nièce de M. de Talleyrand, venant de Paris.
  • 4 octobre : retour de Chodron, se rendant à Paris. Charles Joseph, comte de Bresson, premier secrétaire de l’ambassade de France à Londres, chargé de dépêches.
  • 12 octobre : Chodron, attaché à l’ambassade de Londres, chargé de dépêches, venant de Paris, embarque pour l’Angleterre. Le comte Alfred de Vaudreuil, chargé de dépêches, se rendant à Paris.
  • 16 octobre : le comte de la Rochefoucauld, chargé de dépêches, en route pour Paris.
  • 23 octobre : le comte de Vaudreuil, premier secrétaire de l’ambassade de France à Londres, chargé de dépêches, venant de Paris.
  • 24 novembre : Adolphe de Bacourt, secrétaire de légation, chargé de dépêches.
  • 2 novembre : Bellegarde de Chanoise, attaché à l’ambassade de France à Londres, chargé de dépêches, venant de Paris. Challaye, consul de France à Smyrne, allant à Paris.
  • 6 novembre : Alfred de Chabaunes (Chabannes ?), venant de Paris. Bresson, premier secrétaire de l’ambassade de France à Londres, allant à Bruxelles, en compagnie de M. Cartwright, courrier de cabinet britannique.
  • 8 novembre : de Bellegarde Chenoise, attaché à l’ambassade de France à Londres, allant à Paris. Le chevalier Neukomm, chargé de dépêches, venant de Paris.
  • 11 novembre : Allant à Paris débarquent le duc de Valençay et le vicomte d’Haussonville, chargés de dépêches.
  • 13 novembre : Charles Joseph, comte de Bresson, en provenance de Bruxelles (en compagnie de M. Cartwright, courrier de cabinet de S. M. B., avec lequel il avait débarqué le 6 pour se rendre à Bruxelles).
  • 19 novembre : débarquent ensemble MM. Cartwright et de Bresson, commissaires envoyés à Bruxelles au nom des grandes puissances.
  • 20 novembre : le comte Casimir de Montrond, venant de Paris. Le comte de Vaudreuil, premier secrétaire de l’ambassade, chargé de dépêches, allant à Paris.
  • 24 novembre : le comte Charles de Flahaut, lieutenant-général français, venant de Paris.
  • 29 novembre : le comte Charles de Flahaut, lieutenant-général français, chargé de dépêches pour Paris.
  • 30 novembre : la duchesse de Dino, allant à Paris.
  • 8 décembre : Chodron, chargé de dépêches, se rendant à Paris.
  • 15 décembre : la duchesse de Dino, de retour de Paris.

Le Prince de Talleyrand

La Duchesse de Dino

Quelques mots sur ces personnages (dans l’ordre de leur passage à Calais) :

Samuel Brauer, attaché à la maison de M. le prince de Talleyrand, est surtout au service de la duchesse de Dino (secrétaire et homme d’affaires). Il a été chargé en 1827, à Bordeaux, d’une mission délicate : déclarer la naissance d’une fille illégitime de la duchesse.

Louis Esbrat (en réalité Ebralt), Anglais, est chef de cuisine du prince depuis plusieurs années.

Coëllier (en réalité Coaslier), maître d’hôtel du prince, restera en fonction comme intendant de son hôtel parisien de la rue Saint-Florentin jusqu’à la fin, en 1839. 

Charles Colmache, secrétaire particulier du prince, restera à son service également jusqu’à la fin. Il laissera un témoignage (posthume) de leurs relations.

Jacques Daure, autre secrétaire particulier du prince de Talleyrand, âgé de trente-quatre ans, tombera amoureux de la duchesse de Dino. Éconduit, il se suicidera en 1834.

Le comte Hippolyte de la Rochefoucauld, vingt six ans, second secrétaire de l’ambassade, quittera bientôt Londres pour Berlin, où il sera nommé premier secrétaire à la fin d’octobre. Il servira ensuite à Florence.

Challaye, consul-général de France, attaché à l’ambassade de Londres, était auparavant en poste à Madrid. Quelques semaines après l’arrivée de Talleyrand, il quitte l’Angleterre pour Smyrne, avec le même titre.

Léon de Laborde, vingt-trois ans, troisième secrétaire du prince, est le fils du célèbre Alexandre de Laborde, l’archéologue, diplomate et homme politique, historien de l’Espagne, protégé de Talleyrand, qui avait effectué un voyage en Grèce et au Proche-Orient, en compagnie de son fils en 1827. Au retour, celui-ci devient secrétaire d’ambassade à Rome (auprès de Chateaubriand) mais démissionne en 1829 à la nomination du ministère Polignac. Il sera directeur général des archives et sénateur sous le Second Empire.

Jules Louis Chodron, vingt-six ans, attaché à l’ambassade extraordinaire de France en Angleterre. Né en 1804, il est le fils du notaire de Talleyrand, l’un des plus importants de Paris. Devenu Chodron de Courcel, il est un ancêtre direct de Bernadette Chirac.

Dorothée, duchesse de Dino (1793-1862), est la cadette de quatre sœurs ayant toutes connu des destins hors du commun. Née en Courlande, elle a épousé en 1809 le neveu de Talleyrand, Edmond de Périgord, avec lequel elle se brouille rapidement. Elle se rapproche alors de son oncle, qui l’emmène au congrès de Vienne où elle brille et séduit. Elle fera de même à Londres, où elle sera le joyau de son ambassade, et y attirera un nombre incalculable de célébrités. Elle brisera aussi quelques cœurs ! D’une intelligence et d’une culture remarquables, elle est la digne compagne du prince avec lequel ses rapports sont, pour le moins, ambigus. On reconnaît en lui le père de la petite Pauline, née à la fin de 1820, qui les accompagne à Londres. Ayant la haute main sur sa maison, elle vivra auprès de lui jusqu’à sa mort, puis quittera la France.

Charles Joseph, comte de Bresson, devient premier secrétaire de l’ambassade. Son père, un conventionnel, avait déjà travaillé pour Talleyrand. Né en 1798, il accompagne le prince au congrès de Vienne comme attaché d’ambassade, alors qu’il n’a que dix-sept ans. Sous la Restauration, il sert à l’ambassade de Washington. À Londres, où il arrive à trente-deux ans, il vient peut-être comme homme de confiance de Louis-Philippe, chargé de surveiller (discrètement !) Talleyrand. Tant à Berlin (1836) qu’à Madrid (ambassadeur de France), il sera la cheville ouvrière des mariages de trois enfants de Louis-Philippe. Pair de France (1837), il se suicidera à Naples en 1847.

Premier secrétaire de l’ambassade de France à Londres, le comte de Vaudreuil assure l’intérim depuis le départ du prédécesseur de M. de Talleyrand (le duc de Laval-Montmorency). Il partira bientôt lui-même pour Naples, toujours comme premier secrétaire.

Le comte Casimir de Montrond est, depuis des lustres, l’homme de confiance de Talleyrand, celui des missions délicates et souterraines, personnage sans scrupules ni préjugés, particulièrement efficace dans les tractations d’argent.

Le comte Charles de Flahaut, lieutenant-général français, est un fils naturel de Talleyrand, et il est pour sa part le père illégitime du futur duc de Morny, demi-frère de Napoléon III. Arrivé à Londres le 24, il en repart trois jours plus tard. On ignore le contenu de sa mission, mais il est à noter que le général Sébastiani vient de remplacer le comte Molé au ministère des Affaires Etrangères (le 17) et que, sans doute, Flahaut apporte à l’ambassadeur des informations confidentielles relatives à la situation nouvelle à Paris.

Adolphe Fourier de Bacourt, secrétaire de légation, n’était jusqu’alors que simple attaché à La Haye. Arrivant à Londres à vingt-neuf ans, il devient l’amant de la duchesse de Dino, ce qui lui procure une ascension rapide ! Bientôt premier secrétaire (à la place de Bresson), il assurera l’intérim de la légation lors de l’absence du prince en 1833. Il poursuivra sa carrière en Allemagne et aux États-Unis, jusqu’à devenir ambassadeur (à Turin). Il sera fait Pair de France. Sa correspondance avec la duchesse de Dino sera (partiellement) publiée en 1909.

Les deux premières années passées par Talleyrand à l’ambassade de Londres sont marquées par le règlement de la crise de l’indépendance belge, avec intervention militaire française. Elle prendra une tournure définitive à la fin de l’année 1832 mais, en juin, l’incertitude prévaut encore. C’est alors que le prince retourne à Paris pour se concerter avec Louis-Philippe.

Le 5 juin (jour de l’insurrection des barricades de la rue Saint-Merry, que Victor Hugo mettra en scène dans Les Misérables), la duchesse de Dino débarque et descend à l’hôtel Dessin.

 

L’Industriel calaisien n° 4 - 23 juin 1832

M. le prince de Talleyrand est arrivé de Douvres jeudi [21] à cinq heures après midi. Les curieux qui s’étaient rassemblés sur le quai pour voir son excellence et juger, disaient-ils, de sa politique par son allure, ont été tout à fait désappointés, car le malin ambassadeur s’est fait débarquer dans sa voiture, d’où il n’est descendu que dans la cour de l’hôtel Dessin ; il en est reparti une heure après non sans avoir, dit-on, assuré à M. le maire qu’à moins d’événemens au-dessus du calcul de la prévoyance humaine, la paix de l’Europe ne serait pas troublée ; la santé du prince paraissait excellente.

Mylady Grandville, épouse de l’ambassadeur de S. M. britannique à Paris, a fait le passage avec l’ambassadeur français, et est aussi partie immédiatement pour Paris.

Pendant l’été de 1832, le prince de Talleyrand participe à Paris aux rencontres au sommet de l’État qui aboutissent à la formation du “ ministère de tous les talents ”, installé le 11 octobre. Aussitôt après, il rejoint son ambassade.

 

L’Industriel calaisien n° 20 - 13 octobre 1832

S. Exc. le prince de Talleyrand, ambassadeur de France près la cour de Londres, est arrivé hier soir à l’hôtel Dessin. Aujourd’hui, vers midi, le prince s’est embarqué pour Douvres avec sa suite et deux voitures, sur le paquebot-malle à vapeur le Courrier, capitaine Langlois.

Mme la duchesse de Dino est attendue aujourd’hui dans la journée se rendant aussi à Londres.

Entre le 8 et le 17 novembre 1832 débarque à Calais M. de La Rue de Villeret, vice-consul de France à Londres, chargé de dépêches.

 

L’Industriel calaisien : n° 69 - 21 septembre 1833

Saisie en douanes à Douvres - Il est actuellement prouvé que le prince de Talleyrand n’est absolument pour rien dans la saisie d’objets de contrebande qui a eu lieu à Douvres. Il en est de même de Mad. la duchesse de Dino. Le prince fait en ce moment faire une enquête en France à cet égard et on saura bientôt si un ou plusieurs employés du gouvernement français sont impliqués dans cette affaire, ou si les sceaux de France ont été contrefaits.

 

L’Industriel calaisien n° 70 - 28 septembre 1833

M. le prince de Talleyrand est arrivé à Calais mercredi dernier [le 25] ; suivant son habitude, il s’est fait débarquer dans sa voiture. S. Ex. était accompagnée de madame la duchesse de Dino, sa nièce, et de Mlle de Périgord, sa fille.

Mademoiselle de Périgord, Pauline, a alors douze ans. Si sa mère est la duchesse de Dino, l’identité du père est incertaine et il pourrait s’agit du prince de Talleyrand lui-même. Quoi qu’il en soit, la jeune fille est traitée comme telle, avec beaucoup d’affection.

 

L’Industriel calaisien n° 82 - 21 décembre 1833

Le prince de Talleyrand, ambassadeur de France à la cour de Londres, est arrivé jeudi [le 19], à quatre heures après midi, et est descendu à l’hôtel Dessin. Le mauvais temps ne lui a pas encore permis de s’embarquer. Madame la duchesse de Dino s’est embarquée mardi dernier.

Il embarquera le dimanche 22.

Entre le 31 mai et le 6 juin embarque le chevalier de Neukomm (le compositeur Sigismund Neukomm, protégé par Talleyrand ?).

Le 8 août 1834, M. de Talleyrand prend congé du roi d’Angleterre. Il souhaite se rendre en France et s’y reposer.

 

Journal de Calais n° 117 - 23 août 1834

Le prince de Talleyrand s’est embarqué à Douvres mercredi dernier [le 20] à bord de la malle française l’Estafette, capitaine Leconte, et est arrivé à une heure et demie à l’hôtel Dessin. Après un léger dîner, il est monté en voiture à trois heures et quart. M. [Léon] Dessin s’étant approché du prince pour lui souhaiter un bon voyage, lui témoigna ses regrets de l’avoir possédé si peu d’instans.

- Je suis pressé d’arriver, répondit-il, mais je reviendrai en décembre.

- Je crains bien que Ve Exc. n’ait pas un aussi beau temps.

- Quelques jours passés chez vous, M. Dessin, me remettront de toutes mes fatigues.

Courte réponse, mais certainement très flatteuse pour le propriétaire d’un hôtel qui soutient sa vieille réputation.

Dans la seconde voiture étaient Mlle de Dino et sa gouvernante.

Ces propos témoignent que l’ambassadeur a bien en tête de retourner à Londres avant la fin de l’année (encore qu’il possède comme personne l’art de dissimuler sa pensée). Mais, en novembre, âgé de quatre vingts ans, il résiliera ses fonctions.

 

Sources :

La presse locale : le Journal de Calais, L’Indicateur de Calais et L’Industriel calaisien.

Emmanuel de Waresquiel : « Talleyrand, le prince immobile » - Fayard, édition revue en 2006.

AU MOIS PROCHAIN ...

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