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Gentille Annette de Boïeldieu

La musique que vous entendez, jouée depuis 1821 sur les toits de Calais, est l'air de 'Gentille Annette' de Boëldieu, interprété par Michel Hippolyte.

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Marie Stuart

Proverbe anglais :
Si tu veux vaincre le Français, commence d’abord par l’Écossais.
Marie Stuart naquit le 06 décembre 1542 dans un contexte difficile pour l’Ecosse : la défaite militaire de Solway Moss face aux Anglais, douze jours avant, et la mort du roi son père, huit jours après. Une dizaine d’années auparavant, Henri VIII d’Angleterre avait rompu avec l’Église catholique romaine dans le cadre de son remariage avec Anne Boleyn et il attendait que son neveu Jacques V d’Écosse en fasse autant. Ce dernier, peu soucieux de se placer sous la houlette de son puissant et turbulent voisin, rechercha en France une alliance qui lui permettrait de maintenir ses positions. En 1537, il épousa Madeleine de France, la fille de François 1er, mais cette union fut de courte durée car The Queen consort Madeleine décéda quelques mois seulement après son arrivée en Écosse. Persévérant, Jacques V se remaria moins d’un an plus tard avec Marie de Guise, fille du duc de Lorraine et sœur du futur libérateur de Calais, une famille renommée pour son catholicisme militant. De cette union naquirent bientôt deux fils, morts en bas âge, puis la petite Marie. Il n’y en aurait pas d’autre, et Marie fut proclamée reine d’Écosse au berceau, sa mère assumant la régence jusqu’à la majorité.
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Passagers Mensuels

Marie Stuart quitte le France à jamais

Proverbe anglais :
Si tu veux vaincre le Français, commence d’abord par l’Écossais.
Marie Stuart naquit le 06 décembre 1542 dans un contexte difficile pour l’Ecosse : la défaite militaire de Solway Moss face aux Anglais, douze jours avant, et la mort du roi son père, huit jours après. Une dizaine d’années auparavant, Henri VIII d’Angleterre avait rompu avec l’Église catholique romaine dans le cadre de son remariage avec Anne Boleyn et il attendait que son neveu Jacques V d’Écosse en fasse autant. Ce dernier, peu soucieux de se placer sous la houlette de son puissant et turbulent voisin, rechercha en France une alliance qui lui permettrait de maintenir ses positions. En 1537, il épousa Madeleine de France, la fille de François 1er, mais cette union fut de courte durée car The Queen consort Madeleine décéda quelques mois seulement après son arrivée en Écosse. Persévérant, Jacques V se remaria moins d’un an plus tard avec Marie de Guise, fille du duc de Lorraine et sœur du futur libérateur de Calais, une famille renommée pour son catholicisme militant.

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Ferdinand, Duc d'Orléans

Né à Palerme le 03 septembre 1810, pendant l'exil de ses parents, il porte un prénom inusité dans la maison d'Orléans, en hommage au roi Ferdinand de Sicile, son grand-père. On lui donne à la naissance le titre de duc de Chartres. Il vient en France pour la première fois à la chute de Napoléon - il n’a alors que trois ans – et n’y demeure que quelques mois puisque le retour de l’Empereur pour les Cent-Jours contraint la famille à s’exiler de nouveau. Le 14 mars, la duchesse d’Orléans et ses quatre enfants embarquent à Calais pour l’Angleterre. C’est également par Calais, deux ans plus tard, qu’ils effectuent leur retour – définitif ; ils y passent la nuit du 12 avril 1817.
À Paris, le jeune prince reçoit une éducation volontairement identique à celle de ses condisciples du collège Henri-IV, dont Alfred de Musset qui devient son ami. Par la suite, il suit les cours de l’École polytechnique. À quatorze ans, il est nommé officier par le roi Charles X, et rejoint son régiment à Lunéville.
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Passagers Mensuels

Ferdinand, Duc d'Orléans

Né à Palerme le 03 septembre 1810, pendant l'exil de ses parents, il porte un prénom inusité dans la maison d'Orléans, en hommage au roi Ferdinand de Sicile, son grand-père. On lui donne à la naissance le titre de duc de Chartres. Il vient en France pour la première fois à la chute de Napoléon - il n’a alors que trois ans – et n’y demeure que quelques m0ois puisque le retour de l’Empereur pour les Cent-Jours contraint la famille à s’exiler de nouveau. Le 14 mars, la duchesse d’Orléans et ses quatre enfants embarquent à Calais pour l’Angleterre. C’est également par Calais, deux ans plus tard, qu’ils effectuent leur retour – définitif ; ils y passent la nuit du 12 avril 1817.
À Paris, le jeune prince reçoit une éducation volontairement identique à celle de ses condisciples du collège Henri-IV, dont Alfred de Musset qui devient son ami. Par la suite, il suit les cours de l’École polytechnique. À quatorze ans, il est nommé officier par le roi Charles X, et rejoint son régiment à Lunéville.

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Robert Fulton

Robert Fulton est un ingénieur, né en 1765 en Pennsylvanie. Son goût et son talent pour la peinture l’amènent à s’installer en Grande-Bretagne en 1786, où il fréquente l’atelier du peintre Benjamin West mais il se spécialise rapidement dans le dessin industriel car il est aussi un inventeur. Dix ans plus tard, il décide de partir à Paris, pour un court séjour, semble-t-il, avec l’intention d’y présenter son brevet de plan incliné pour canal (qui anticipe celui de l’ascenseur à bateau). Il a alors trente et un ans, et n’est pas encore célèbre.
La chance nous a donné un témoin direct du début de son séjour à Calais, en l’occurrence l’aristocratique madame de Gontaut, née de Montault, laquelle, séjournant en Italie avec ses parents en 1792, s’était trouvée comme eux victime des évènements révolutionnaires. Émigrés sans l’avoir prémédité, ils résident depuis lors en Angleterre avec peu de ressources. C’est pour tenter de récupérer des biens de famille que Mme de Gontaut, alors âgée de vingt-trois ans et qui vient de mettre au monde des jumelles, décide de rentrer au pays. À Douvres, elle négocie un faux passeport au nom de Mme Française (Françoise), commerçante en dentelle. Elle a laissé dans ses Mémoires un récit des évènements.
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Passagers Mensuels

Robert Fulton dans le Calaisis

Robert Fulton est un ingénieur, né en 1765 en Pennsylvanie. Son goût et son talent pour la peinture l’amènent à s’installer en Grande-Bretagne en 1786, où il fréquente l’atelier du peintre Benjamin West mais il se spécialise rapidement dans le dessin industriel car il est aussi un inventeur. Dix ans plus tard, il décide de partir à Paris, pour un court séjour, semble-t-il, avec l’intention d’y présenter son brevet de plan incliné pour canal (qui anticipe celui de l’ascenseur à bateau). Il a alors trente et un ans, et n’est pas encore célèbre.
La chance nous a donné un témoin direct du début de son séjour à Calais, en l’occurrence l’aristocratique madame de Gontaut, née de Montault, laquelle, séjournant en Italie avec ses parents en 1792, s’était trouvée comme eux victime des évènements révolutionnaires. Émigrés sans l’avoir prémédité, ils résident depuis lors en Angleterre avec peu de ressources. C’est pour tenter de récupérer des biens de famille que Mme de Gontaut, alors âgée de vingt-trois ans et qui vient de mettre au monde des jumelles, décide de rentrer au pays.

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LES THÉOLOGIENS PROTESTANTS FUIENT PAR CALAIS (1549)

(Texte de Philippe Cassez)

Martin Bucer (1491-1551), membre des Dominicains, quitte l’ordre après une rencontre avec Luther et commence à propager la Réforme. Excommunié, il se réfugie à Strasbourg et correspond bientôt avec les grandes figures protestantes : Luther, Calvin, Zwingly ou Melanchton. Persuadé que les catholiques sont à même d’entendre la voie de la raison, il tente de les convaincre de fonder une église nationale allemande, détachée de Rome. Dans le même temps, les princes réformés s’opposent à la volonté de Charles Quint d’imposer le catholicisme et s’unissent dans la ligue de Schmalkalde, à laquelle adhèrent plusieurs villes impériales, dont Strasbourg. La victoire militaire de l’empereur sur les princes révoltés à Mühlberg lui permet d’imposer l’intérim d’Augsbourg (15 mai 1548), qui réaffirme la suprématie du catholicisme, à laquelle la ville de Strasbourg finit par se soumettre. Bucer, et quelques autres, sont alors contraints de s’exiler et prennent le chemin de l’Angleterre, à l’invitation de Thomas Cranmer, archevêque de Canterbury et professeur à l’Université de Cambridge, mentor du jeune roi Edward VII.

Paul Fagius, né en 1504, entre à l’Université de Strasbourg en 1522. Il y rencontre Martin Bucer et apprend l’hébreu, dont il devient un spécialiste. Il publie un dictionnaire yiddish-latin-allemand. Il rêve à une collaboration sincère entre juifs et chrétiens pour diffuser le message de la Bible. En 1544, il devient professeur de Vieux Testament à Strasbourg. Opposé, comme son ami Bucer, à l’application de l’intérim d’Augsbourg, il perd son poste et les deux amis prennent ensemble le chemin de l’exil.

En provenance d’Amiens, par Frévent et Saint-Omer, les théologiens protestants se dirigent vers Calais où ils se sentiront enfin en sécurité puisque la ville est alors anglaise. Ils y parviennent le 18 avril 1549, flanqués de Mathieu Négelin, d’Ulm, un élève de Fagius qui n’a pas voulu quitter son maître ; du réformateur flamand Valerand Poullain, de Lille, qui leur sert de guide et d’interprète ; et d’un serviteur nommé Pierre qui s’occupe des chevaux.

Le récit suivant est tiré de trois lettres de Fagius, l’une écrite à Calais même le 18 avril et les deux autres en Angleterre ; d’une lettre signée Fagius et Bucer ; d’une lettre écrite par Négelin dès son arrivée en Angleterre, ainsi que de son journal de route. Les textes originaux sont en latin.

Le dix-sept, nous déjeunâmes à S. Othomaro vulgo S. Thomer [sic] et nous couchâmes à Marck après avoir laissé nos chevaux, ainsi que le serviteur Petro et Négelin devant les remparts anglais, dans un village voisin nommé Uter [Les Huttes ? Oudekerke, Vieille Eglise ?]. En effet, comme la porte du rempart était fermée, nous n’aurions pu transiter.

Le dix-huit, nous arrivâmes à Calais, où se trouve un très célèbre port de mer. Nous arrêtant dans cette ville, nous nous y reposâmes cinq jours, non seulement accueillis le plus humainement du monde, mais encore reçus avec la plus grande libéralité par beaucoup de fidèles du Christ.

Mathieu Négelin :   Or, vers le soir, nous arrivâmes enfin aux fortifications anglaises qui sont comme l’entrée de l’Angleterre et donnant accès à Calais où se trouve un port et d’où part la traversée pour l’Angleterre. Mais la porte de la ville était fermée, de telle sorte que les chevaux ne pouvaient entrer ; à vrai dire, nous eussions essayé de passer avec eux, et cela non sans danger, mais nous en fûmes empêchés par les soldats de garde. On nous envoya, le serviteur et moi, avec les chevaux, dans un pays voisin du nom de Uter où nous passâmes aussi la nuit et, de bon matin, revenus vers nos maîtres qui avaient été hébergés à Marck et, ayant pris une collation avec eux, nous fîmes ce qui restait de chemin jusqu’à Calais.

[…] C’est une ville non pas grande à la vérité, mais solidement fortifiée, située au bord de la mer, et en avant du front de mer de laquelle se trouve un très grand port ; celui-ci, par l’effet du reflux, s’assèche à certaines heures déterminées, de sorte que les navires se posent sur le sable et qu’il est possible d’aller les réparer en toute sécurité ; mais le flux le remplit à un tel point que les navires sont non seulement soulevés fort haut mais encore mis en danger parfois par le courant impétueux des eaux autant que s’ils étaient en pleine mer.

Nous restâmes à Calais cinq jours, attendant le moment propice à la traversée. [Nous nous défîmes de nos chevaux à Calais mais, avec une grosse perte, nous les vendîmes beaucoup moins cher qu’ils n’avaient été achetés]. Nous en partîmes le 23 avril, ayant d’abord pris une collation de vin de malvoisie sucré, préparée grâce à la libéralité du Gouverneur suprême. Puis, étant montés sur le navire par un ciel serein, une mer tranquille et un vent favorable, nous accomplîmes le trajet par mer jusqu’à Douvres en l’espace de cinq heures.

Négelin précise qu’il aura été le seul passager malade pendant la traversée.

Une anecdote à propos de Paul Fagius : quoique sa fidélité à l’évangile ne fasse pas de doute, il conserve sa sympathie pour les juifs. Juste avant d'embarquer, il adresse une lettre à un ami... en yiddish ! « Liber Konrad, wissend dass wir von den gnaden Gots wol un glicklich gen Kales [Calais] komen sin tuf den 18. tag aprilis […] Datum in grosser eil zu Kales auf den grinen Donners tag zu vesper zeit. »

En Angleterre, les huguenots recevront bon accueil. Dès le 25 avril, ils arriveront à Londres où l’archevêque Cranmer les introduira auprès du roi.

Valerand Poullain fera paraître l’année suivante le Temporiseur. Placé sous la protection du duc de Somerset, il deviendra pasteur à Glastonbury.

Martin Bucer obtiendra le poste de Regius Professor of Divinity à l’université de Cambridge, où toute sa famille le rejoindra dans les mois qui suivent. Il y décèdera à l’âge de cinquante neuf ans, le 28 février 1551. Il conserve la réputation d’un pionnier de l’œcuménisme.

Paul Fagius obtiendra une chaire d’hébreu à l’Université de Cambridge, mais n’aura guère le temps d’en profiter puisqu’il mourra dès l’automne. Ses restes, ainsi que ceux de Bucer, seront exhumés et brûlés peu après sous le règne de Marie Tudor.

Mathieu Négelin, qui en est à son premier grand voyage, le reprendra par la suite puisqu’il fera des commentaires sur la reprise de Calais en 1558.

AU MOIS PROCHAIN ...

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