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Gentille Annette de Boïeldieu

La musique que vous entendez, jouée depuis 1821 sur les toits de Calais, est l'air de 'Gentille Annette' de Boëldieu, interprété par Michel Hippolyte.

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Le patrimoine défensif du littoral


Le fort Nieulay est le seul « Fort Ecluse » La construction dure trois ans, l'ouvrage est presque entièrement édifié sur pilotis, la nature marécageuse du terrain ne permettant pas l'établissement de fondations suffisantes. La forteresse présente deux intérêts principaux : • intérêt financier : un tonlieu (péage) est mis en place, les marchands payent un droit de passage • intérêt stratégique : les défenseurs du fort peuvent apercevoir l'ennemi et ainsi inonder le bas-calaisis pour le repousser. 1903 - Le fort est déclassé et vendu, puis loué à des agriculteurs 1940 - Le fort se retrouve au milieu des combats, une petite troupe de français et d’anglais s’y retranche et résiste jusqu’au 24 mai avant de se rendre. Les constructions intérieures sont détruites. Les allemands y établiront des postes de mitrailleuses et des batteries antiaériennes. 1944 - 26 mai les canadiens du Royal Winnipeg Rifles libèrent le fort et dégagent la route de Calais. Après guerre, les abords du fort sont exploités en carrière de galets. Le déclin va s’accentuer jusque dans les années 1980, où la ville de Calais récupère le site et lance une campagne de restauration.

Commission Conférences

Le patrimoine défensif du littoral

Le Fort Nieulay est entre 1360 et 1558, le point stratégique de la défense anglaise. Cette forteresse protège un système d'écluses susceptibles d'inonder le pays en cas d'agression. En 1596, sous l'occupation espagnole, le fort est remodelé par l'établissement de larges parapets et de bastions maçonnés. Sous Richelieu, le fort est relié à un ouvrage à cornes par un pont. L'ensemble enveloppe donc l'écluse. En avril et en mai 1677, Louis XIV visite Calais et s’inquiète de la défense de la place. Sur les conseils de Vauban, qui accompagne le roi, le fort est complètement reconstruit un peu plus à l'Ouest, à cheval sur la rivière de Hâmes, franchissaient le banc de galets des Pierrettes avant de se jeter dans l’anse de Neuma, de sorte que les écluses sont placées à l'intérieur de la forteresse.

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LES PEUPLES DE GAULE


Belgique (MÉNAPES, MORINS, ATRÉBATES …) ET LEURS VOISINS DEVINRENT ROMAINS

En l’espace de quelques années, les peuples gaulois (et notamment les Ménapes, les Morins, les Atrébates et leurs voisins de Gaule Belgique) sont soumis par Rome. César, vainqueur des Gaulois, se taillera une très solide réputation puisqu’il aura été le général (imperator) ayant repoussé les limites de l’empire romain jusqu’au Rhin et jusqu’aux mers occidentales.

Commission Conférences

Les Gaulois en guerre contre César

En 58 av. J.-C., Jules César engage une guerre de conquête en Gaule. Il rêve alors d’égaler son futur rival Pompée, qui vient de remporter de grandes victoires en Orient. De 58 à 52 se déroule ce qu’il est convenu d’appeler La guerre des Gaules, pour le récit de laquelle on dispose des précieux commentaires de César lui-même (De bello Gallico). Des rives de l’Escaut à celles de la Garonne, les légions romaines et les auxiliaires de l’armée sillonnent les Gaules, Belgique, Celtique et Aquitaine, se heurtant, en 52, à un soulèvement quasi-général, mené par le chef arverne Vercingétorix.

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Un processus d'héroïsation


Ce fut aussi un mouvement social sans précédent qui fut vécu comme une fête par ses acteurs, suscita des espoirs au sein de ce qu'on appelait alors la classe ouvrière... et parfois bien des frayeurs dans d'autres couches de la société, bien qu'il fût un mouvement pacifique.
Mais si le Front populaire a été un moment historique de courte durée, il a débouché sur des acquis sociaux dont certains font aujourd'hui l'unanimité (les congés payés), tandis que d'autres restent controversés (les 40 heures) : « une embellie dans des vies difficiles et obscures », selon l'heureuse expression de Léon Blum. Au-delà, il reste une mémoire encore vive au sein du « peuple de gauche », mêlant fierté, nostalgie et regrets. Le Front Populaire aura aussi été une expérience politique originale portant au pouvoir des hommes qui, sur le plan idéologique, condamnaient le système économique et social en vigueur mais acceptaient d'agir à l'intérieur de celui-ci, au mieux des intérêts du monde du travail. Peut-on dire, avec le recul, qu'il fut l'acte de naissance de la « gauche de gouvernement » ?

Commission Conférences

Front Populaire : Enjeux nationaux et répercussions calaisiennes

Il y a 80 ans le Front Populaire, victorieux lors des élections législatives des 6 avril et 3 mai 1936, débouchait sur la formation d'un gouvernement de gauche, présidé pour la première fois sous la IIIe République par un Socialiste, et soutenu par le Parti communiste.
Ni alternance politique ordinaire, ni Révolution, le Front Populaire fut d'abord une coalition électorale entre trois partis qui avaient jusque-là entre eux de profondes divergences, mais qui ont su momentanément les dépasser dans un contexte national marqué par la crise économique des années 30, la menace fasciste et la montée des périls au plan international.

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Un processus d'héroïsation


La presse va se charger de vanter les mérites des « chevaliers de l'air » en narrant leurs prouesses et en exaltant leur courage. II est pos­sible de comprendre l'aura qui en­toure les pilotes de chasse tels que Georges Guynemer, Roland Garros, René Fonck, René Dorme, Nunges­ser... en s'appuyant sur les articles du grand journaliste Jacques Mor­tane publiés dans la revue « La guerre aérienne illustrée» à partir de 1916. On remarque tout d'abord que la majorité des unes de l'hebdomadaire est consacrée à un « as », c'est-à-dire à un aviateur ayant remporté au moins cinq victoires homologuées par des témoins, ce qui contribue à leur « starifica­tion».

Commission Conférences

Image de l'Aviateur Français pendant la Grande Guerre

Répondant à l'invitation de l'association des Amis du Vieux Calais, Jean-Pierre Dournel, agrégé d'Histoire et pro­fesseur honoraire en classes pré­paratoires littéraires au lycée Ma­riette de Boulogne-sur-mer, a ex­pliqué quelle fut l'évolution de l'image de l'aviateur durant la Pre­mière Guerre mondiale.
En effet, si tout le monde connaît la légende des « as » de l'aviation, beaucoup ignorent dans quel contexte cette légende puise ses racines et quelle réalité elle recouvre exactement. Au début de la Grande Guerre, les avions sont sur­tout utilisés pour des missions de reconnaissance. Les aviateurs confirmés sont des sportsmen, souvent d'origine aristocratique, aimant le goût du risque et la vi­tesse. L'armée va assez rapidement les orienter vers la chasse à l'enne­mi afin de l'abattre en plein ciel.

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Les fouilles de la ZAC de la Turquerie


Trois périodes d’occupation du site aujourd’hui occupé par une plate-forme logistique ont été mises au jour. La première, qui remonte à l’antiquité romaine, a été présentée par Line Pastor, spécialiste de cette période. Une aire funéraire de 230 m² et de 12 tombes qui a été utilisée jusqu’au IVe siècle de notre ère a été mise au jour. Quelques précisions d’abord sur la nature du site : implanté sur un cordon dunaire et donc situé sur une petite hauteur, il n’a pas échappé à des inondations régulières. Les tombes qui ont été aménagées dans ce terrain sableux étaient rectangulaires, de taille moyenne (environ 1m x 1,5m) et présentaient trois types de dépôt d’ossements : en urne, en contenant périssable (tissu, bourse en cuir…) ou au fond des coffrages de bois qui tous structurent ces sépultures. L’anthropologue qui a été chargé d’étudier les ossements recueillis n’est pas parvenu à déterminer le sexe des individus incinérés, mais il a constaté qu’il s’agissait d’adultes, d’adolescents, et d’un enfant.

Commission Conférences

Les fouilles de la ZAC de la Turquerie

Line PASTOR pour la période très ancienne et Tristan MORICEAU pour le Moyen Âge, tous deux archéologues de Cap Calaisis, ont présenté leurs travaux et la synthèse de leurs découvertes, lors de la conférence du vendredi 20 mai 2016 à l’auditorium du Musée des Beaux Arts, à Calais, sur le thème

« Les fouilles de la ZAC de la Turquerie: occupations anciennes aux abords du cordon dunaire de Marck-en-Calaisis »

L'aménagement de la ZAC de la Turquerie a généré ces dernières années une intense activité archéologique. Entre 2011 et 2012, près de 150 hectares ont été diagnostiqués.

CONFERENCE - 25 janvier 2020 - PARIS CONTRE CALAIS - L'AVENTURE DE LA RECONSTRUCTION : 1945-1963

(par Michel Kiener)

Article de Philippe Mercier (Amis du Vieux Calais)

Michel Kiener

En plus de sa carrière d’enseignant et d’historien, notre intervenant du mois Michel Kiener fut pendant 20 ans adjoint au conseil municipal de Limoges. En plus de lui donner un regard aiguisé sur l’urbanisme et l’architecture, cette expérience lui permet de poser les bases de comparaisons sur les reconstructions des villes de Limoges et Calais après la 2e Guerre mondiale, toutes deux marquées par l’action d’un architecte quelque peu oublié aujourd’hui, Clément Tambuté.

Michel Kiener, le conférencier

Calais en 1945

Comme le rappelle M. Kiener, la situation de la ville de Calais et de ses habitants en 1945 est dramatique, avec l’essentiel de Calais-Nord jugé irrécupérable. Bombardée périodiquement, d’abord par les Allemands ensuite par les Alliés, de 1940 à mars 45, les destructions sont considérables.

Après la Libération et la fin de la guerre, la question du relogement des sinistrés et du retour des habitants devient cruciale.

Dès le départ, les débats s’engagent. D’abord sur la question du déminage, entre les revanchards voulant impliquer les prisonniers allemands, et ceux autour du ministre Raymond Aubrac qui estiment que ces opérations sensibles demandent l’engagement de professionnels – c’est ce dernier choix qui sera, heureusement, validé. Ensuite viendront les débats sur la préservation des quelques bâtisses anciennes pouvant éventuellement être sauvées – bien peu en fait...

C’est cependant surtout au moment où doivent s’élaborer les projets de reconstruction que les problèmes vont se multiplier, d’autant plus qu’il faudra attendre plusieurs années avant de voir le départ des troupes anglaises en 1946, puis la mise au point d’un premier plan en 1948.

La municipalité et les « gens d’ailleurs »

Pour M. Kiener, la question de la reconstruction ramène en fait à la surface des problématiques bien plus anciennes, notamment sur la « modernisation » du pays. Déjà présent avant guerre, encore aggravé par le désastre de 1940, un certain complexe et une impression d’arriération par rapport au voisin allemand amènent à repenser les projets d’urbanisme. La volonté n’est pas seulement de reconstruire, mais de poser de nouvelles bases pour les villes tant en terme d’urbanisme que d’hygiène et de conditions de vie.

En 1943, autant Vichy que le gouvernement provisoire d’Alger commencent à réfléchir sur ces questions – avec dans le cas de la France libre l’implication de grands noms comme Le Corbusier, et l’influence grandissante du futur ministre Claudius Petit.

Arrivé en 45-46, tout projet se doit alors de prendre en compte ce concept de modernité, mais aussi les questions d’hygiène et, bien sûr, la vitesse de reconstruction pour les sinistrés. Plus facile à dire qu’à faire, cependant, pour des municipalités qui manquent d’argent autant que d’experts au niveau local.

Le plan Marshall va permettre les financements des premiers projets.

À Calais se lancent enfin les premières grandes constructions, dans un style néo-flamand qui cherche à garder un accent traditionnel que l’on peut retrouver notamment dans le quartier de l’Esplanade à Calais-Nord.

Les critiques ne manquent cependant pas, notamment sur le fait que jamais la ville n’a appartenu à la sphère culturelle flamande… Mais, surtout, c’est la visite du ministre Claudius Petit en 1951 qui porte le coup de grâce à ce premier effort : trop coûteux, trop lent, trop peu dans les standards de modernité. Tous les urbanistes de la municipalité sont écartés, c’est l’État qui décide de la nomination de Clément Tambuté en tant qu’architecte en chef de la la reconstruction.

Un style « Tambuté » ?

Le nom de Clément Tambuté n’a pas marqué les esprits, au point que pour retrouver une photo décente de lui M. Kiener a dû s’adresser directement à sa fille. C’est cependant un architecte expérimenté par de nombreux chantiers, notamment dans les colonies, qui arrive à Calais… mais aussi ailleurs, car il est en fait nommé pour superviser les constructions dans de nombreuses autres villes de France, notamment Limoges. Le 23 décembre 1952, le conseil municipal valide le projet Tambuté, la pression liée à un retrait des subventions en cas de refus ayant probablement joué un rôle...

À partir de là, les conceptions de la reconstruction vont totalement changer. Le style néo-flamand est complètement abandonné, place à une architecture qui se veut moderne, avec des partis-pris parfois assez radicaux : on abandonne les cheminées, les tuiles, les briques, les façades stylisées. On passe à des toitures mono-pente en zinc, à l’usage du béton monochrome. Comme le dira plus tard Tambuté dans une interview donnée au Nord Littoral en 1958, son style ne cherche « pas une esthétique, (mais) une plastique ».

C’est surtout la restructuration de la Place d’Armes qui va marquer les esprits. La place est considérablement agrandie, aérée dans une démarche hygiéniste. Les constructions sont homogénéisées, avec l’ouverture de grands passages sous voûte. Le « building » de la maison du Port, financé par une commande privée, parachève à la fin des années 50 cette reconstruction.

À partir de 1954, l’appel de l’Abbé Pierre face à la situation du logement en France toujours critique amène l’État à mettre une pression supplémentaire pour accélérer les constructions de logements sociaux.

Tambuté va lancer un urbanisme « à redents », avec des logements modulaires emboîtés qui, parfois, tranchent radicalement avec les constructions voisines et permettent de visualiser, encore aujourd’hui, la « frontière » entre les constructions de l’immédiat après-guerre et celles du moment Tambuté, de 1952 à 1959.

Souvent critiqué, notamment à un moment où des envies de faire rebâtir certaines constructions iconiques d’avant-guerre - tel le beffroi de l’ancien hôtel de ville - ressurgissent de temps à autres, le Calais de Tambuté reste un témoignage d’une conception de l’urbanisme liée autant aux contraintes de la reconstruction qu’à une certaine vision de la modernité.

Pragmatiques ou idéologiques, ces conceptions ont été, comme le conclut M. Kiener, critiquées dès leur construction mais n’en demeurent pas moins un témoignage du Calais passé, tout autant que celui d’avant-guerre.

Aujourd’hui souvent redécorés, réaménagés ou enrichis de nouveaux mobiliers urbains et d’éléments végétalisés, les bâtiments du « Calais Tambuté » ne sont pas figés dans le temps.

Avec la nomination de Calais comme « ville d’art et d’histoire », le Dragon et la question plus générale de l’animation du centre-ville, la place à donner à cette architecture reste finalement un débat important plus de soixante après. Michel Kiener nous invite en tout cas à la redécouvrir.

 

Philippe Mercier

Amis du vieux Calais


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