logo tcc
logo avc     

Gentille Annette de Boëldieu

La musique que vous entendez, jouée depuis 1821 sur les toits de Calais, est l'air de 'Gentille Annette' de Boëldieu, interprété par Michel Hippolyte.

Image not available

L'Hôtel de Ville

Cet élégant bâtiment est aujourd’hui emblématique de la ville de Calais. Il est pourtant récent, la première pierre ayant été posée juste avant la première Guerre mondiale et l’inauguration faite en 1925. Son emplacement est symbolique, à égale distance des anciens hôtels de ville de Calais et de Saint-Pierre, et il constitue le trait d’union entre les deux anciennes cités voisines qui venaient de fusionner. L’architecte Debrouwer, qui fera ensuite l’hôtel de ville du Touquet, l’a conçu en style Renaissance flamande. Il présente une décoration soignée, tant à l’extérieur qu’à l’intérieur. Le beffroi est classé. C’est ici que le capitaine de Gaulle a épousé la Calaisienne Yvonne Vendroux. Dressé sur une place dégagée qui le rend bien visible sous tous les angles, donnant sur un ensemble de jardins fleuris et sur le parc St-Pierre, précédé de la statue des Six Bourgeois de Rodin, il est l’un des monuments les plus photographiés de Calais.
Agrandir l'image

Les Amis du Vieux Calais

Pas de Calais - France

Calais trouve son origine dans le comblement du golfe de l’Aa et la configuration actuelle du littoral après l’an 1000. La mer s'éloignant de plus en plus des anciens ports – Bourbourg, Bergues, Furnes –il fallut en ouvrir de nouveaux au XIIème Siècle. Dans l’Histoire de Calais, on distingue trois périodes : avant et après les Anglais, et la période anglaise (1347-1558). Les hasards de l’Histoire firent que Calais était aux rois d’Angleterre quand Boulogne et Ardres étaient aux rois de France, et Saint-Omer et Dunkerque aux comtes de Flandre et ducs de Bourgogne. Si Calais a, depuis l’origine, constitué une voie d’échanges privilégiée avec l’Angleterre et reste, depuis les années 1850, le premier port de voyageurs de France, sa fortune industrielle résulte de l’installation de tullistes anglais juste après Waterloo qui lui permirent de devenir, pour un siècle, le premier centre dentellier du monde. Il reste de ces époques divers témoignages, dont les plus emblématiques sont évoqués ci-contre.

Le Fort Nieulay

Fort Nieulay

(Voir aussi : Fort Risban - Fort Rouge)

Quand les Anglais s’emparèrent de Calais, en 1347, seule la ville était entourée de murailles. Pour en renforcer les défenses, Édouard III fit bientôt construire deux ouvrages fortifiés, en avant de la cité : le fort Risban, pour contrôler toute entrée et sortie du port ; et le fort Nieulay, situé au milieu des marécages, sur la seule voie de communication entre Calais et Boulogne. Agrandi au cours des siècles, il présentait la particularité d’être le seul fort-écluse de France. En cas d’arrivée de l’ennemi, il aurait été possible d’inonder l’arrière-pays avec l’eau de mer à marée haute. Sa position et son intérêt stratégiques sautent aux yeux, mais son efficacité ne fut pas à la hauteur des espérances et des ... dépenses : attaqué quatre fois dans son Histoire (1558, 1596, 1940 et 1944), il fut pris les quatre fois en quelques heures seulement.

Le Théâtre de calais

Le Théâtre de calais

Avant la Révolution fut inauguré un théâtre dans une dépendance de l’hôtel Dessin, rue Leveux (alors rue de la Comédie). Cent ans plus tard, il était devenu trop petit et ne correspondait plus du tout aux normes. Une fois les deux villes de Calais et de St-Pierre fusionnées, il fut décidé d’en construire un nouveau sur l’emplacement d’un ancien cimetière, à la croisée des principaux axes de circulation de St-Pierre, familièrement appelé le coin des quatre boulevards. Théâtre « à l’italienne », de façade en style Louis XIV, il est inauguré en 1905 et est réputé pour son excellente acoustique. Il accueillait 1 400 spectateurs mais leur nombre fut réduit, pour raisons de sécurité, à 800 au début de ce siècle. Il a été l’un des hauts lieux de l’activité culturelle calaisienne pendant plus de cent ans, et le reste aujourd’hui.

Le Théâtre de Calais

Pas de Calais - France

Avant la Révolution fut inauguré un théâtre dans une dépendance de l’hôtel Dessin, rue Leveux (alors rue de la Comédie). Cent ans plus tard, il était devenu trop petit et ne correspondait plus du tout aux normes. Une fois les deux villes de Calais et de St-Pierre fusionnées, il fut décidé d’en construire un nouveau sur l’emplacement d’un ancien cimetière, à la croisée des principaux axes de circulation de St-Pierre, familièrement appelé le coin des quatre boulevards.

Le Théatre - Début du Siècle Le Théatre - Début du Siècle
Le Théatre de Calais Le Théatre de Calais
Le Théatre - Début du Siècle Le Théatre - Début du Siècle
Image not available Image not available
Le Fort Nieulay

Notre-Dame

et sa reconstruction

Avec la tour du Guet, l’église Notre-Dame constitue le seul vestige du passé médiéval de Calais. Sa construction s’est étalée sur plusieurs siècles. Commencée sous Philippe Auguste, largement remaniée et agrandie par les Anglais, elle est achevée sous Louis XIII, ce qui lui donne un style composite, aux influences diverses, d’autant plus que maçons et artistes flamands ont apporté leur touche à l’ouvrage. La ville comptait une autre paroisse, à l’ouest (St-Nicolas), mais son église fut détruite pour permettre la construction de la citadelle et Notre-Dame est restée depuis la seule église paroissiale en activité de Calais (Nord). Bien des têtes couronnées sont venues ici, et c’est là que le capitaine de Gaulle s’est marié. Gravement endommagée en 1944, elle aurait pu disparaître et sa restauration a pris des décennies.

Image not available

Le Bombardement de Calais

3 septembre 1939 : déclaration de guerre à l’Allemagne. Calais face à l’Angleterre peut s’attendre, comme en 14-18, à de vigoureuses offensives ennemies dans le but de paralyser le port en l’atteignant directement mais en détruisant aussi les moyens de communications : voies ferrées, canaux, routes qui le desservent. Les hostilités aériennes ne débutent pour nous que dans la nuit du 9 au 10 mai 1940. Elles se traduiront par des bombardements de plus en plus fréquents avec un maximum en fin de guerre. Nos concitoyens voient leurs maisons détruites, leur quotidien bouleversé. On vit à la cave, on déménage, on évacue forcé ou contraint ; les familles sont décimées, dispersées. A la Libération (1er octobre 1944) le bilan humain des bombardements est très lourd. (Il s’aggravera encore le 24 février 1945 suite à un bombardement par erreur avec une centaine de victimes). Plus de 500 Calaisiens ont péri durant les hostilités mais nous devons y joindre les combattants français et alliés en début de guerre, les réfugiés, les travailleurs forcés… dont le nombre ne pourra jamais être donné avec précision. A cette tragique incertitude numérique doit-on ajouter les ennemies victimes de leurs propres bombes ou de celles de nos Alliés ? Quant au bilan matériel, il est catastrophique : sur 18000 maisons 800 sont intactes, la partie nord de la ville est ravagée, les monuments sont disparus ou fortement endommagés. Notre-Dame en ruines émerge mutilée des décombres. Les usines sont pour la plupart détruites, les voies communications inutilisables, le port fortement atteint a été de plus saboté et pillé par l’ennemi… Calais est libre mais à quel prix !

Calais bombardé

Tour du guet - Eglise Notre-Dame - Habitat

3 septembre 1939 : déclaration de guerre à l’Allemagne. Calais face à l’Angleterre peut s’attendre, comme en 14-18, à de vigoureuses offensives ennemies dans le but de paralyser le port en l’atteignant directement mais en détruisant aussi les moyens de communications : voies ferrées, canaux, routes qui le desservent. Les hostilités aériennes ne débutent pour nous que dans la nuit du 9 au 10 mai 1940.

Les 'Plantagenêt'

Les 'Plantagenêt'

Si Édouard III d’Angleterre avait conquis Calais militairement, la possession de la ville et de son arrière-pays lui fut officiellement confirmée par les accords de 1360. La région avait été vidée de ses habitants et fut dès lors peuplée d’Anglais. On ne peut donc pas à proprement parler d’ « occupation ». Calais était bien « anglaise », comme Gibraltar l’est encore de nos jours. De même que les Français, avant et après eux, les Calaisiens anglais aimaient leur ville, y travaillaient et se battaient pour elle… Calais fut à cette époque un lieu de rencontres au sommet. Henry VIII y accueillit François 1er et Charles Quint. L’enclave, dénommée Pale, resta toutefois exposée aux convoitises et à l’esprit de revanche des Français, et les rois d’Angleterre furent contraints d’y entretenir une garnison permanente, la seule du royaume, qui leur coûtait les yeux de la tête, et qu’ils financèrent en partie avec les taxes sur le commerce des laines, dont ils avaient réservé l’exclusivité à Calais. Cette situation perdura plus de deux siècles, la ville n’étant reconquise par les Français que longtemps après la fin de la Guerre de Cent ans.

Les 'Plantagenêt'

Blasons et Armoiries de la Famille

Si Édouard III d’Angleterre avait conquis Calais militairement, la possession de la ville et de son arrière-pays lui fut officiellement confirmée par les accords de 1360. La région avait été vidée de ses habitants et fut dès lors peuplée d’Anglais. On ne peut donc pas à proprement parler d’ « occupation ». Calais était bien « anglaise », comme Gibraltar l’est encore de nos jours. De même que les Français, avant et après eux, les Calaisiens anglais aimaient leur ville, y travaillaient et se battaient pour elle … Calais fut à cette époque un lieu de rencontres au sommet. Henry VIII y accueillit François 1er et Charles Quint.

Les Bourgeois de Calais

Les Bourgeois de Calais

Histoire et Auguste Rodin

À la fin du XIXème siècle, la municipalité de Calais, désireuse d’honorer la mémoire des plus célèbres de ses fils, passa commande à Auguste Rodin, alors au sommet de sa réputation. Le caractère difficile de l’artiste et les réticences locales – piédestal ou pas ? – firent que dix ans s’écoulèrent avant que cette statue complexe soit dévoilée au public, devant le parc Richelieu. Elle trouva son emplacement définitif après la Seconde Guerre mondiale. Il en existe onze autres versions de par le monde, dont une à Westminster. Accueillie avec fraîcheur par les Calaisiens, qui attendaient des héros et découvraient des vaincus, l’œuvre est aujourd’hui célèbre dans le monde entier et est le monument le plus photographié de la ville

Pages Historiques

Reproduction interdite sans l'autorisation formellement écrite des 'Amis du Vieux Calais'.
BULLETIN DE LA SOCIETE HISTORIQUE ET ARTISTIQUE DU CALAISIS N°178 ( 2004 )

 

LES PAROISSES DE CALAIS

  • Paroisse Saint Benoît-Joseph-Labre
  • Paroisse Sainte Germaine-Cousin
PAROISSES BENOIT-JOSEPH-LABRE

Texte de Marie-Laure Dumont-Fourmanoir - ( Numérisation par Gilles Peltier )

Situation géographique

On appelait « Petit Pays » ou « Nouvelle France » le quartier essen­tiellement ouvrier construit entre le canal de Marck et le canal de Saint-Omer et qui s'étend au delà de la voie ferrée Calais-Dunkerque vers le Virval. C'est dans ce quartier que se trouve la paroisse Saint-Benoît-Labre et l'église paroissiale du même nom sise boulevard Victor-Hugo. Il s'agissait alors de la seule église du diocèse dédiée à ce saint.

Historique

Jusqu'en 1907, le quartier faisait partie de la paroisse de Saint-Pierre mais on y trouvait un couvent occupé par des capucins, appelés par la population « Les Moines ». Les Pères y avaient établi un lieu de culte en 1877. Ils furent vic­times des décrets contre les congrégations et expulsés une première fois le 6 novembre 1880. En 1898, le chanoine Bourgain, doyen de Saint-Pierre, souhaitait déjà acheter un terrain pour l'église, le presbytère, la salle d’œuvres et l'école.

En 1904, une nouvelle loi proposée par le président du Conseil, Émile Combes avait interdit d’enseignement les membres des congrégations (1). Cette politique anticléricale poursuivit par la loi sur la séparation de l’Église et de l’État votée en décembre 1905. Par cette loi, on affirmait que la République assurait la liberté de conscience et le libre exercice des cultes mais ne reconnaissait, ne salariait, ne subventionnait aucune religion. Le gouvernement français confisqua et ferma alors le couvent des capucins ; les Pères s’expatrièrent à nouveau.

En 1907, le diocèse d'Arras acheta à l'État français le couvent des capu­cins pour en faire un presbytère et la chapelle qui fut érigée en église paroissiale le 10 novembre. Deux écoles, une de garçons et une de filles, dépendaient de ce cou­vent. L'église est un petit édifice à une nef et deux bas-côtés, élevé dans un style néo-gothique simple. La nef est rythmée par de beaux piliers à curieux chapiteaux de pierre.

Après la Première Guerre mondiale, les Pères capucins songèrent à récu­pérer leur couvent. Ils le rachetèrent à l'évêché d'Arras et le réintégrèrent en 1921. Le père gardien était le Père Benoît-Joseph, ancien combattant de l'armée française d'Italie, démobilisé avec le grade de capitaine. L'activité des capucins était princi­palement la prédication ainsi que des retraites dans les paroisses du Calaisis. Ils lais­sèrent la chapelle en location à la paroisse.

Ce fut à l'abbé Florimond Hu, vicaire à Saint-Pierre, que l'on confia la charge de fonder une nouvelle paroisse sous le patronage de saint Benoît-Joseph-Labre. Celui-ci a vécu de 1748 à 1769, il est le patron des pauvres. Il a été canoni­sé le 8 décembre 1861. Aujourd'hui encore, un pèlerinage a lieu tous les ans le 16 avril, à Amettes, village natal de Benoît Labre, afin de prier ce saint vagabond.

L'abbé Hu décida d'acheter, pour en faire un presbytère, le château Parenty situé face à l'église, de l'autre côté du boulevard Victor-Hugo. Une partie des bâtiments du couvent fut utilisée pour le catéchisme, les réunions, et d'autres événements.

Le chanoine Florimond Hu dirigea la paroisse de 1907 à 1938. Né en 1858 à Givenchy-la-Bassée, il devint chanoine en 1920 et fut très attentif aux pro­blèmes sociaux. Comme la paroisse du « Petit Pays » comptait plusieurs milliers d'habitants, il fut secondé par des vicaires. L'un d'eux était François Dorez, de 1906 à 1920, qui trouva la tâche ardue dans ce quartier défavorisé : « Débuts pénibles et durs pour un jeune prêtre sorti du séminaire et jeté dans la mêlée sans grande pré­paration ». Il y eut aussi l'abbé Louis Tellier, du 8 octobre 1925 à décembre 1927, l'abbé Louis Wacogne, du 2 janvier 1928 à octobre 1928, l'abbé Henri Maffrand et enfin l'abbé Paul Dufay. C'est sous l'impulsion du chanoine Hu, fervent de Notre-Dame et directeur du pèlerinage à Lourdes, que fut installée dans la partie ouest de l'église une représentation de la grotte de Lourdes pour la neuvaine. C'est également sous son ministère que la paroisse participa en 1927 pour la première fois, à la neuvaine annuelle à Amettes.

Le chœur avec la statue de Saint Benoît-Joseph Labre

Un bas-côté

Il s'agissait d'une véritable expédition pour les 32 pèle­rins de la paroisse. Son action fut parfois matérielle : en 1926, il lança une sous­cription volontaire afin de remplacer le gaz par un éclairage électrique. Il fit égale­ment appel aux paroissiens pour l'entretien des deux écoles.

Le rôle de l'abbé Hu dans la vie paroissiale fut déterminant. Sous son ministère, une bibliothèque fut ouverte au public le dimanche matin. La paroisse accueillait régulièrement des conférenciers, sur des sujets très variés : Constantinople, la vie de saint François d'Assise, Florence, Saint-Louis... Ces conférences, parfois illustrées, avaient lieu dans la salle paroissiale de l'école Saint-Émile.

À la fin des années 1920, les activités furent de plus en plus variées : un donateur permit de doter la paroisse d'un cinéma. L'inauguration était prévue pour la Semaine Sainte avec un film ayant pour sujet la Passion. Celui-ci fut suivi d'un film récréatif : « Picotin matelot ». Les enfants devaient être accompagnés. Au même moment, l'achat d'un Pathé-Baby pour le patronage des garçons fut envisa­gé, afin que chacun pût avoir son cinéma. Il fallut attendre 1931 pour que le patro­nage des filles, « Les Violettes », anciennement appelé « Les Petites roses de Saint-Benoît », disposât lui aussi de son Pathé-Baby. En 1931, la tendance féminine se confirma avec la création d'un groupe de Jeunesse Ouvrière Catholique Féminine. Un appel fut lancé dans le bulletin paroissial. La première réunion eu lieu en avril 1932. Le but était d'amener les membres de la J.O.C. à participer au patronage, aux oeuvres...

Conséquence de la crise boursière de 1929, les capucins proposèrent de donner de la soupe aux enfants des familles touchées par le chômage et qui fré­quentaient les catéchismes et les patronages, ainsi qu'à leurs petits frères et sœurs. Les distributions avaient lieu le mardi, le jeudi et le samedi. Il semble que plus d'une centaine d'enfants fut concernée. Les capucins souhaitant ajouter à la soupe un mor­ceau de viande ou un œuf firent appel aux bouchers et marchands de légumes.

Il existait enfin plusieurs associations : L’Association paroissiale des Hommes et des Mères, la Ligue patriotique des Françaises, les Féales suivantes de Notre-Dame ainsi que des œuvres charitables : l'œuvre des pauvres malades et la Conférence de saint Vincent de Paul pour les familles nombreuses.

L'abbé Jean-Baptiste Gournay succéda à l'abbé Hu d'octobre 1938 à 1949. Il était vicaire à Saint-Pierre et se fit aider à la direction de la paroisse par le vicaire Paul Duday puis, en juillet 1939, par l'abbé Germain Dubois qui fut mobili­sé en septembre 1939 tout comme Jean-Baptiste Gournay lui-même. Celui-ci quitta la paroisse pour plus de six ans puisqu'il fut retenu prisonnier en Prusse orientale jusqu'au 31 juillet 1945. Pendant son absence, il fut remplacé par les Pères capucins et en particulier l'administrateur Révérend Père Jean-Joseph. En avril 1940, les capucins quittèrent le couvent et la paroisse. Le Révérend Père Éloi fut affecté à la direction du couvent et assura la cure de Saint-Benoît jusqu'au retour du Père Joseph en octobre.

Au retour de l'abbé Gournay, le château-presbytère était encore occupé par des réfugiés. L'abbé Gournay demanda alors asile aux Pères : une pièce du cou­vent lui servit de chambre et de bureau pendant une année. En août 1946, le pres­bytère fut libéré et l'abbé le réintégra. Un nouveau vicaire, l'abbé Hippolyte Jovenin, arriva le 6 août 1946. Il s'occupa en particulier des scouts. Le 7 octobre 1946, il partit pour la paroisse de Saint-Pierre et plus spécialement pour desservir la chapelle Saint-Michel.

Pendant le ministère de l'abbé Gournay, la paroisse accueillit, les 6 et 7 octobre 1946, la statue de Notre-Dame. De même, en 1948, la statue de Notre-Dame du Grand Retour qui avait été embarquée sur une péniche au Pont de Vic fut accueillie à la paroisse Saint-Benoît-Joseph-Labre le 26 juin pour une nuit et une journée de prière, avant de repartir vers la paroisse Saint-Joseph. Les fidèles parti­cipèrent aussi au pèlerinage à Amettes à l'occasion du deuxième centenaire de la naissance de Benoît Labre en juillet 1948.

À la demande de l'abbé Gournay auprès de l'évêché et après des pour­parlers avec le Provincial des Pères capucins, l'évêque décida, en octobre 1948, de confier la charge de la paroisse aux Pères du couvent. Le Révérend Père Venance arriva en novembre 1948, secondé par des vicaires : Père Placide, Père Thadée, Père Stéphane. Les quatre religieux attendirent que l'abbé Gournay obtînt un autre poste dans le diocèse. Ce fut chose faite fin mars 1949 : l'abbé Gournay partait pour Sailly-sur-la-Lys.

La statue de Notre-Dame du Grand Retour arrivant sur une péniche en 1948
(Collection privée)

À partir du 3 avril 1949, le Père Venance et les trois autres capucins furent chargés de gérer la paroisse. Le Révérend Père Théodore avait également la charge de l'aumônerie de l'hôpital de Calais. De 1951 à 1961, le Révérend Père Léon assuma la charge pastorale de Saint-Benoît et en 1957, à l'occasion du cin­quantenaire de la fondation de la paroisse, quelques transformations furent réalisées dans l'église. Le Révérend Père Félicien prit la succession jusqu'en 1966 où il fut à son tour remplacé par le Père Armel.

En 1969, les capucins quittèrent finalement la paroisse qui fut reprise par le clergé diocésain. Ils emportèrent avec eux la plupart des statues et une partie du mobilier intérieur.

(1) BERSTEIN S., MILZA P., Histoire de la France au XX ème XX ème siècle. Tome 1 "1900-1930", Col. Qoestions au XX ème siècle, Editions Complexe, Paris, 1990.

Bibliographie

Serge Bernstein, Pierre Milza, Histoire de la France au XXe siècle, Tome 1 : 1900-1930. Editions Complexe, Paris, 1990.
Chanoine Henri Costenoble dans Les Dossiers de l'Histoire Calaisienne, n°45.
Echo de Saint-Benoît, bulletin paroissial, 1926-1939, B1918, Archives départementales du Pas-de-Calais.
La Voix du Nord, 28 mai et 12 août 1961, 30 novembre 1962.
Album personnel de paroissiens, réalisé en 1949 pour le départ de l'Abbé Gournay.
Merci à Mme Fischer pour son aide.

PAROISSE SAINTE GERMAINE-COUSIN

Texte de Vincent Evrard et Frédérique Evrard-Gay - ( Numérisation par Gilles Peltier )

Situation géographique

À la sortie de la ville, vers Guînes, se trouve le Pont-du-Leu, bâti sur trois communes : Calais, Coulogne et le « Marais » de Coquelles. Au début du siècle, les habitants de ce quartier étaient de Saint-Pierre ou du Sacré-Cœur, selon que leur demeure se situait à droite ou à gauche du chemin des Régniers, cette route servant de limite à deux cantons. Cependant l'éloignement des églises paroissiales rendait difficile la pratique religieuse. Aussi en 1912, Mgr Lobbedez, évêque d'Arras et l'abbé Constant Hanse, un vicaire de Saint-Pierre qui desservait le quartier depuis 1906, décidèrent de fonder au Pont-du-Leu, une paroisse sous le vocable de Sainte-Germaine-Cousin, une bergère qui vivait à Pibrac, près de Toulouse au XVIe siècle. Elle fut canonisée par Pie IX, le 29 juin 1867.

Historique

À la sortie de la ville, vers Guînes, se trouve le Pont-du-Leu, bâti sur trois communes : Calais, Coulogne et le « Marais » de Coquelles. Au début du siècle, les habitants de ce quartier étaient de Saint-Pierre ou du Sacré-Cœur, selon que leur demeure se situait à droite ou à gauche du chemin des Régniers, cette route servant de limite à deux cantons. Cependant l'éloignement des églises paroissiales rendait difficile la pratique religieuse. Aussi en 1912, Mgr Lobbedez, évêque d'Arras et l'abbé Constant Hanse, un vicaire de Saint-Pierre qui desservait le quartier depuis 1906, décidèrent de fonder au Pont-du-Leu, une paroisse sous le vocable de Sainte-Germaine-Cousin, une bergère qui vivait à Pibrac, près de Toulouse au XVIe siècle. Elle fut canonisée par Pie IX, le 29 juin 1867.

Sous cette nouvelle paroisse furent regroupés des quartiers de Calais, Coulogne et Coquelles. L'abbé Hanse desservait cette ébauche de paroisse, un simple baraquement, quand il fut mobilisé en 1914.

Pendant la guerre, le ministère fut confié à l'abbé Holuigue qui s'em­ploya avec dévouement à construire les locaux nécessaires au culte. Grâce à l'argent réuni par une souscription lancée dès 1912, il put acheter un terrain jugé parfait pour les constructions futures. Une chapelle provisoire en bois fut édifiée avec le concours des menuisiers de l'orphelinat de M. Dalemcourt (quai de l'Yser). Pour éviter un fort loyer annuel, l'abbé fit bâtir un presbytère pour abriter les prêtres appelés à se succéder au Pont-du-Leu. Une neuvaine à sainte Germaine fut instituée à laquelle venaient en pèlerinage les différentes paroisses urbaines, les élèves du Pensionnat Saint-Pierre et de Jeanne d'Arc.

L'abbé Constant Hanse, démobilisé, fut nommé officiellement curé de Sainte-Germaine en 1919. Il eut l'ambition d'élever sur le territoire de la paroisse une grande et belle église, prévoyant un développement important du quartier où allait s'installer une importante usine de fabrication de soie artificielle : « Les Filés de Calais ». En 1920, disparaissait l'abbé Holuigue, laissant derrière lui le souvenir d'un prêtre rude mais au grand cœur. Sans attendre l'édification d'une belle église, des groupements furent créés pour donner plus de vie, d'entrain et de piété à la paroisse. C'est ainsi qu'en 1921 on retrouvait une Confrérie de Mères chrétiennes, un patronage de filles, un patronage de garçons et une association paroissiale d'hommes. Le seul local disponible était alors la chapelle en planches, aussi des baraquements furent-ils transformés en salles de patronage.

La souscription permanente recueillait des fonds importants, cependant on s'interrogeait toujours sur la fin de l'édification de l'église. Malgré tout, la vie de la paroisse se poursuivait et des spectacles et des conférences avec projection étaient organisés régulièrement. En 1923, les premières pierres et briques arrivaient enfin mais l'on était bien loin d'avoir réuni les fonds nécessaires au commencement des travaux. « La Voix de Sainte-Germaine » permettait de suivre chaque mois l'évolu­tion des dons, ainsi en décembre 1923, ils s'étalaient de 0,45 à 204,75 francs pour un total mensuel d'un peu moins de 2400 francs. L'abbé Hanse multipliait les actions pour atteindre son objectif ; outre des quêtes et des ventes de charité, un appel fut lancé à toutes les Germaines de France.

L’autel de l’église provisoire, il s’agit de celui de l’ancienne église Saint-Pierre
On distingue au fond le mur de planche ( Collection de l’auteur )

La bénédiction de la première pierre, annoncée pour le 15 avril 1928, fut reportée au 29 juillet 1928. Ce fut l'occasion d'une brillante cérémonie à laquelle participèrent Mgr l'évêque d'Arras, le doyen du Sacré-Cœur, le curé de Sainte-Germaine, trente prêtres et dix jeunes abbés. Une foule nombreuse était réunie pour écouter les sermons et assister à la bénédiction de la première pierre renfermant en son cœur une fiole de verre avec un parchemin relatant cet acte solennel.

L'architecte, M. Julien Barbier, de Paris, constata que le terrain choisi était plus marécageux que prévu. On fit donc appel à la société des Pieux Franki à Paris, des spécialistes des fondations en mauvais terrain. Il fallut enfoncer plus de 160 colonnes en béton à travers une épaisse couche de sable mouvant pour faire reposer sur un banc de cailloux plus profond. Ensuite, les colonnes furent reliées au niveau du sol par de fortes poutres en ciment armé et là-dessus on éleva des murs qui, à 1,40 mètre de haut, supportaient un immense plateau de ciment armé de 40 m x 19 m. Ces travaux préliminaires engloutirent tout l'argent prévu pour la construc­tion, si bien que de 1929 à 1932, la future église se limita à cette simple plate-forme de béton à environ un mètre du sol. Les travaux reprirent en 1932 et furent confiés à l'entrepreneur calaisien M. Brismalein. Le 10 décembre 1933, Mgr Dutoit, évêque d'Arras, vint bénir le bâtiment dans lequel il était encore impossible de célébrer le culte. Tous les corps de métiers se succédèrent pendant l'hiver pour achever l'égli­se, qui demeura sans clocher faute de ressources.

En 1940, l'école des filles de la rue des Prêtres, dirigée par Mlle Petel trouva refuge à Sainte-Germaine après le bombardement de mai. Le ministère de i'abbé Hanse, devenu chanoine en 1937, se poursuivit jusqu'en 1951. Il démission­na au début de cette année et mourut quelques mois plus tard. Son successeur fut l'abbé Robert Ducatel, un Calaisien, nommé à Sainte-Germaine le 8 février 1951.

Parmi la très importante action pastorale de l'abbé Ducatel, il est possible de relever quelques tâches matérielles qu'il mena à bien. En 1957, il ouvrit une salle paroissiale. Lorsque les 24 cloches du carillon de l'hôtel de ville furent remplacées par un carillon électronique, seules trois d'entre elles échappèrent à l'enfer de la fonderie. Grâce à une collecte effectuée chez les paroissiens, l'abbé Ducatel put les acheter toutes les trois. C'est ainsi que Marie-Elisabeth, Eugénie et Germaine furent baptisées par Mgr Parenty le 18 septembre 1960. En 1961, une nouvelle école paroissiale fut ouverte rue de Lima, remplaçant celle qui fonctionnait dans des bâtiments provisoires. En 1968, une statue de Notre-Dame de la Paix fut installée dans le jardin de l'égli­se. Cette statue avait été offerte par les religieuses de la « Miséricorde » dont le dispensaire se trouvait à Calais-Nord.

De 1980 à 1982, l'abbé Ducatel fit procéder à de nombreux travaux de rénovation, en particulier des vitraux. En 1988, l'église Sainte-Germaine recevait enfin son clocher, qui se voyait surmonté peu après d'un coq pivotant sur la croix.

Aujourd'hui, (NB : Nous rappelons que le texte date d’Octobre 2004) des problèmes de toiture et d'électricité mettent l'édifice en péril et les paroissiens ont organisé une tombola en mai 2001 afin de réunir des fonds pour le sauver.

Eléments importants

L'édifice a le plan classique de la croix latine et utilise un répertoire décoratif architectural typique des années 1930. Elle se distingue par son clocher-porche assez peu répandu.

Une vue extérieure des murs de la nef en 2001

L’ancien autel de l’église Saint-Pierre

L'abbé Ducatel souhaitait aussi mettre en valeur l'autel principal qui n'était autre que celui de l'ancienne église Saint-Pierre. Conservé par les Petites Sœurs des Pauvres, l'autel fut installé en 1912 dans la modeste construction de bois qui servit d'église jusqu'en 1934. Il s'agit d'un meuble de chêne datant de la fin du XVIIe ou du début du XVIIIe siècle, présentant les voûtes et les galbes caractéris­tiques du style baroque, recouvert de peinture blanche et rehaussé d'or. Il repose sur un socle imitant le marbre. Le devant de l'autel présente en son centre une figure de l'Agneau Pascal. La partie supérieure de l'autel est constituée par un ensemble tabernacle-monstrance, encadré de deux anges en prière. De chaque côté du taber­nacle, une pièce en bois formant un retable présente une volute décorée d'épis de blé et de grappes de raisin en rappel des paroles de la Consécration. À chacune des extrémités, une fleur de lys complète la décoration.

Un vitrail de l’église Sainte-Germaine-Cousin
La onzième station du chemin de Croix

Les faces latérales du tabernacle sont ornées de sculptures représentant des cœurs : à gauche, on observe un cœur ceint d'une couronne d'épines, le Sacré-Cœur. Le tabernacle et la monstrance sont surmontés d'un dais à quatre volutes où repose un pélican blanc rehaussé d'or, représenté debout dans son aire, ailes éployées, symbole du Christ nourrissant ses disciples de sa chair et de son sang. Autrefois, deux angelots tenant une couronne ornaient la corniche du tabernacle. Cet autel, longtemps placé dans un bas-côté, se trouve aujourd'hui à l'église provisoire Notre-Dame.

Les vitraux de l'église Sainte-Germaine ont été réalisés en 1934 par deux maîtres-verriers très renommés avant la guerre : MM. Barillet et Chevalier. Les plus belles pièces sont les deux rosaces du chœur symbolisant, l'une, rouge, l'Ancien Testament, l'autre, bleue, le Nouveau. Les huit vitraux représentant les scènes de la vie de sainte Germaine, situés dans la nef, sont de toute beauté. On trouve aussi des représentations de saint Mathieu, saint Luc, saint Marc et saint Benoît-Labre. Il faut aussi signaler la présence de marbres d'Hydrequent et le chemin de croix en mosaïque.

Bibliographie et sources

La Voix de sainte Germaine, bulletin paroissial, 1921-1933,B1919, Archives dépar­tementales du Pas-de-Calais.
La Voix du Nord, 17 décembre 1968, 5 avril 1984 et 18 février 1988. Chanoine Henri Costenoble dans Les Dossiers de l'Histoire Calaisienne, n°4, 5 et 53.
Merci à M. Charles Wuyts pour ses informations.

LES AMIS DU VIEUX CALAIS
Boîte Postale 27 - 62101 CALAIS Cedex
Phone : +33 (0)321 362 967  aux heures de permanence
 © LES AMIS DU VIEUX CALAIS - FR 2018
Tous droits réservés
top