logo tcc
logo avc     
blason calais rappel
Image not available

Les fouilles de la ZAC de la Turquerie


Trois périodes d’occupation du site aujourd’hui occupé par une plate-forme logistique ont été mises au jour. La première, qui remonte à l’antiquité romaine, a été présentée par Line Pastor, spécialiste de cette période. Une aire funéraire de 230 m² et de 12 tombes qui a été utilisée jusqu’au IVe siècle de notre ère a été mise au jour. Quelques précisions d’abord sur la nature du site : implanté sur un cordon dunaire et donc situé sur une petite hauteur, il n’a pas échappé à des inondations régulières. Les tombes qui ont été aménagées dans ce terrain sableux étaient rectangulaires, de taille moyenne (environ 1m x 1,5m) et présentaient trois types de dépôt d’ossements : en urne, en contenant périssable (tissu, bourse en cuir…) ou au fond des coffrages de bois qui tous structurent ces sépultures. L’anthropologue qui a été chargé d’étudier les ossements recueillis n’est pas parvenu à déterminer le sexe des individus incinérés, mais il a constaté qu’il s’agissait d’adultes, d’adolescents, et d’un enfant.

Commission Conférences

Les fouilles de la ZAC de la Turquerie

Line PASTOR pour la période très ancienne et Tristan MORICEAU pour le Moyen Âge, tous deux archéologues de Cap Calaisis, ont présenté leurs travaux et la synthèse de leurs découvertes, lors de la conférence du vendredi 20 mai 2016 à l’auditorium du Musée des Beaux Arts, à Calais, sur le thème

« Les fouilles de la ZAC de la Turquerie: occupations anciennes aux abords du cordon dunaire de Marck-en-Calaisis »

L'aménagement de la ZAC de la Turquerie a généré ces dernières années une intense activité archéologique. Entre 2011 et 2012, près de 150 hectares ont été diagnostiqués.

Image not available

Un processus d'héroïsation


La presse va se charger de vanter les mérites des « chevaliers de l'air » en narrant leurs prouesses et en exaltant leur courage. II est pos­sible de comprendre l'aura qui en­toure les pilotes de chasse tels que Georges Guynemer, Roland Garros, René Fonck, René Dorme, Nunges­ser... en s'appuyant sur les articles du grand journaliste Jacques Mor­tane publiés dans la revue « La guerre aérienne illustrée» à partir de 1916. On remarque tout d'abord que la majorité des unes de l'hebdomadaire est consacrée à un « as », c'est-à-dire à un aviateur ayant remporté au moins cinq victoires homologuées par des témoins, ce qui contribue à leur « starifica­tion».

Commission Conférences

Image de l'Aviateur Français pendant la Grande Guerre

Répondant à l'invitation de l'association des Amis du Vieux Calais, Jean-Pierre Dournel, agrégé d'Histoire et pro­fesseur honoraire en classes pré­paratoires littéraires au lycée Ma­riette de Boulogne-sur-mer, a ex­pliqué quelle fut l'évolution de l'image de l'aviateur durant la Pre­mière Guerre mondiale.
En effet, si tout le monde connaît la légende des « as » de l'aviation, beaucoup ignorent dans quel contexte cette légende puise ses racines et quelle réalité elle recouvre exactement. Au début de la Grande Guerre, les avions sont sur­tout utilisés pour des missions de reconnaissance. Les aviateurs confirmés sont des sportsmen, souvent d'origine aristocratique, aimant le goût du risque et la vi­tesse. L'armée va assez rapidement les orienter vers la chasse à l'enne­mi afin de l'abattre en plein ciel.

Alain Joblin, le conférencier, est spécialiste des protestants sur le Calaisis au XVII ème siècle

CONFERENCE - 16 décembre 2016 - SUR LA TRACE DES PROTESTANTS DU CALAISIS

Article du Nord Littoral du 28 décembre 2016

Pour leur dernière conférence de l’année 2016, les Amis du Vieux Calais ont invité Alain Joblin, professeur d’histoire moderne à l’Université d’Artois. L’historien, fraîchement retraité, a eu tout loisir de partager le fruit de ses recherches avec le public massé sur les gradins de l’auditorium de la Cité de la Dentelle. Des recherches qui concernent les protestants du Calaisis au XVII° siècle.

D’emblée, Alain Joblin choisit de battre en brèche une idée reçue : si une communauté protestante a existé à Calais à l’époque moderne, ce serait parce que les Anglais ont possédé Calais jusqu’en 1558. Certes, le roi Henri VIII a fondé l’anglicanisme, mais il faut attendre le règne d’Elizabeth (1558-1603) pour que le royaume d’Angleterre s’engage durablement et fermement dans la voie du protestantisme.

Calais accueille des migrants ... protestants

C’est en fait dans le cadre de la réorganisation du « Pays Reconquis » qu’une communauté protestante s’installe dans le Calaisis dans les années 1560. Il faut distribuer environ 20 000 hectares de terres à de nouveaux propriétaires. Ceux qui se sont distingués par leurs services rendus au roi reçoivent des domaines assez conséquents en récompense. Ainsi, Jean Monchy de Sénarpont, protestant proche du prince de Condé, obtient-il le domaine des Calimottes, (actuellement sur les territoires de Coquelles et de Sangatte).

Beaucoup sont également intéressés par l’acquisition ou la location de champs cultivables, offerts à des prix attractifs. C’est ainsi que le Calaisis accueille quelques années après la Reconquête des migrants… En proie à une répression très violente de la part du roi Philippe II en raison de leur opposition à ses tendances absolutistes et à leurs convictions religieuses, des milliers de protestants en provenance des Pays-Bas espagnols s’acheminent vers Calais et sa région.

Généralement assez riches, ils viennent de l’Artois, du Hainaut, de Flandres, de Belgique ou des actuels Pays-Bas avec leurs familles, chariots et chevaux, à la recherche d’une bonne terre à exploiter. Alors que les guerres de religion ont débuté en France en 1562, on pourrait cependant se demander ce que viennent faire ces protestants calvinistes en terre catholique.

Il ne faut pas oublier que ces guerres sont ponctuées de longues trêves et d’édits de pacification qui autorisent le culte protestant moyennant certaines contraintes. De plus, aux yeux du roi de France, ces nouveaux sujets, quoiqu’hérétiques, constituent de sûrs garde-frontières face à l’ennemi espagnol, qu’ils sont en droit de haïr vu le traitement qui leur a été infligé dans les Pays-Bas du Sud qu’ils ont fui. Effectivement, les protestants du Calaisis resteront toujours fidèles à la couronne de France.

Forte densité et prospérité

D’après les calculs réalisés par Alain Joblin, la proportion de protestants dans la population totale du Calaisis, du début du XVIIème siècle à 1685 (date de la révocation de l’Edit de Nantes par Louis XIV) est très élevée. Quasiment pas une seule paroisse sans communauté huguenote. Les taux sont en moyenne de 20% ; à Coulogne, Guînes, Balinghem, Saint-Pierre, on atteint les 30% ; à Marck, un paroissien sur deux est protestant !

La pratique religieuse se structure autour de deux temples, reconnus par le roi de France. L’un, implanté à Marck à partir de 1610, où le culte est assuré en langue néerlandaise ; détruit lors d’un raid espagnol en 1641, il n’est pas reconstruit, signe sans doute d’une bonne assimilation de la langue française par les fidèles. L’autre temple, situé à Guînes, draine les protestants de tout le Calaisis chaque dimanche. Les Coulonnois s’y rendent via le canal, chantant leurs psaumes à tue-tête, au grand dam des catholiques stationnés sur les berges.

Les pasteurs, souvent de qualité, se succèdent. Si les fidèles n’en sont pas satisfaits, ils doivent trouver une autre communauté pour les accueillir. Le consistoire, composé de notables, gère les biens matériels de l’église, surveille la pastorale et veille à la bonne tenue des membres de la communauté. Des diacres organisent l’aide aux pauvres. Un précieux registre, conservé à Londres, recense tous les secours apportés aux nécessiteux du Calaisis entre 1664 et 1685. Alain Joblin aimerait dans l’avenir le publier.

Les protestants du Calaisis sont à 70% des paysans. Même lorsqu’ils sont peu nombreux dans une paroisse, ils possèdent une très grande partie des terres arables : 40% à Vieille-Eglise, où ils ne comptent pourtant que pour 4% des habitants ! Le registre de la régie des religionnaires fugitifs, établi par l’Intendant de Picardie pour recenser tous les biens confisqués aux protestants en 1685, montre bien à quel point les huguenots du Calaisis étaient prospères…

À Calais, les protestants sont souvent marchands (ils ont le monopole du commerce du sel et du tabac dans tout le nord du royaume), artisans du textile, médecins, maîtres d’école, notaires, ingénieurs dans le domaine de l’aménagement portuaire… Mais ils n’ont aucune responsabilité administrative, hormis quelques petits fonctionnaires locaux.

En proie aux persécutions

Dominant la vie économique, ils sont donc exclus de la vie politique. Cet ostracisme s’accroît sous le règne de Louis XIV. Calais n’est pas épargné par les dragonnades. Alain Joblin cite l’exemple d’Abraham Lemaire, libraire protestant, que des soldats du roi (les dragons) obligent à se mettre torse nu et à danser en place publique, des godillots équipés d’éperons suspendus au cou.

Face à de telles persécutions, trois solutions. La première est la fuite, surtout en Angleterre : c’est celle que choisissent 30% des protestants du Calaisis, habitués peut-être au réflexe migratoire, adopté par leurs ancêtres lorsqu’ils étaient venus trouver refuge dans nos terres. La seconde est la conversion : beaucoup de ces « nouveaux convertis » font de mauvais catholiques qui sont bruyants pendant les messes, ne respectent pas le curé…

Troisième et dernière solution : continuer à pratiquer le culte protestant clandestinement. Combien l’ont choisie ? Nul ne peut le dire, mais ces  fidèles devaient être peu nombreux. En tout cas, une nouvelle communauté protestante ne se reformera pas à Calais avant le XIXème siècle, à la faveur du développement de l’industrie de la dentelle mécanique.

La paroisse de Guînes a abrité à partir de 1602 un très grand temple protestant, pouvant accueillir après sa réidification en 1619 sans doute jusqu’à 3000 personnes. Démantelé en 1685, il était construit le long de la rue Joffre, longtemps nommée « la rue du Temple ». On conserve le nom des seize pasteurs qui s’y sont succédé ainsi que le registre des baptêmes-mariages-sépultures qui y a été établi.

Magali Domain

Photos : Les Amis du Vieux Calais

Un auditoire attentif aux explications du conférencier

LES AMIS DU VIEUX CALAIS
Boîte Postale 27 - 62101 CALAIS Cedex
Phone : +33 (0)321 362 967  aux heures de permanence
 © LES AMIS DU VIEUX CALAIS - FR 2015
Tous droits réservés
Real time web analytics, Heat map tracking