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L'Hôtel de Ville

Cet élégant bâtiment est aujourd’hui emblématique de la ville de Calais. Il est pourtant récent, la première pierre ayant été posée juste avant la première Guerre mondiale et l’inauguration faite en 1925. Son emplacement est symbolique, à égale distance des anciens hôtels de ville de Calais et de Saint-Pierre, et il constitue le trait d’union entre les deux anciennes cités voisines qui venaient de fusionner. L’architecte Debrouwer, qui fera ensuite l’hôtel de ville du Touquet, l’a conçu en style Renaissance flamande. Il présente une décoration soignée, tant à l’extérieur qu’à l’intérieur. Le beffroi est classé. C’est ici que le capitaine de Gaulle a épousé la Calaisienne Yvonne Vendroux. Dressé sur une place dégagée qui le rend bien visible sous tous les angles, donnant sur un ensemble de jardins fleuris et sur le parc St-Pierre, précédé de la statue des Six Bourgeois de Rodin, il est l’un des monuments les plus photographiés de Calais.
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Témoignages

Pas de Calais - France

Calais trouve son origine dans le comblement du golfe de l’Aa et la configuration actuelle du littoral après l’an 1000. La mer s'éloignant de plus en plus des anciens ports – Bourbourg, Bergues, Furnes –il fallut en ouvrir de nouveaux au XIIème Siècle. Dans l’Histoire de Calais, on distingue trois périodes : avant et après les Anglais, et la période anglaise (1347-1558). Les hasards de l’Histoire firent que Calais était aux rois d’Angleterre quand Boulogne et Ardres étaient aux rois de France, et Saint-Omer et Dunkerque aux comtes de Flandre et ducs de Bourgogne. Si Calais a, depuis l’origine, constitué une voie d’échanges privilégiée avec l’Angleterre et reste, depuis les années 1850, le premier port de voyageurs de France, sa fortune industrielle résulte de l’installation de tullistes anglais juste après Waterloo qui lui permirent de devenir, pour un siècle, le premier centre dentellier du monde. Il reste de ces époques divers témoignages, dont les plus emblématiques sont évoqués ci-contre.

Témoignage

Les témoignages directs sont assurément les premiers supports du travail des historiens, il nous a donc paru essentiel d’ouvrir ici une rubrique destinée à les faire connaître.  

Nous sollicitons vivement tous ceux qui ont vécu à Calais et aux environs de nous apporter leurs témoignages.

Les carnets du Capitaine de la Blanchardière, héros de la défense du bastion XI en 1940 (Première partie)

Par Robert Chaussois (numérisation par Gilles Peltier) - Reproduction interdite sans l'autorisation des Amis du Vieux Calais

Parmi les nombreux combattants ....

Parmi les nombreux combattants franchis et britanniques qui défendirent Calais en mai 1940, avant de tomber les armes à la main, sans qu'il y ait eu reddition, on peut inscrire le nom du brave capitaine Michel de la Blanchar­dière, un Breton de 42 ans, de l'état-ma­jor de la 21° division d'infanterie, qui au­rait pu s'éloigner de l'orage - il était déjà à bord d'un bateau partant sur l'An­gleterre - mais se porta volontaire pour défendre Calais, quand le commandant de Lambertye rassembla du monde autour de lui.

Gravement blessé le 26 mai 1940, dans les bombardements  du bastion XI ( à la limite de Calais et Blériot-Plage) qu’il défendait avec acharnement, tandis que le capitaine Metz et deux hommes étaient tués près de lui, le capitaine de la Blanchardière fut fait prisonnier dans l’infirmerie du poste, quelques heures plus tard. Hospitalisé en Belgique, puis rapa­trié comme grand blessé en octobre 1940, l'officier dut suivre des traitements dans les hôpitaux militaires de Vichy, Lyon et Clermont-Ferrand.

Engagé dans la Résistance, il fut ar­rêté et mourut en déportation, au camp de Mauthausen en août 1944. Habitant Clermont-Ferrand, Madame de la Blahchardière fut, elle aussi, une active résistante avant d'être déportée en Allemagne d'où elle est heureusement revenue. Madame de la Blanchandière a bien voulu me confier, fin 1975, le journal de marche de son mari, trop tard pour qu'il puisse figurer dans mon « Calais 1939-1940 », et je le regrette.  Il eut été dommage, cependant que ce témoignage tombât dans l’oubli

 

Ce sont des extraits des carnets du capitaine de la Blanchardière que l’on peut lire, à partir de ce mois.

En route sur Calais

Le récit commence au mo­ment où les hommes étant en Belgique, arrive l'ordre de repli sur la France.

DIMANCHE 19 MAI.

Le P.C. de la D.I. est à Kapritje où les différentes unités reçoivent leur ordre de mouvement à destina­tion de leur gare d'embarque­ment. Tard dans la soirée, vers 23 h, je reçois le chef d'escadron Fourrier qui doit prendre le commandement de la co­lonne auto de la D.I. et se por­ter dans la direction de Saint­-Omer / Fauquembergues.

LUNDI 20 MAI.

Départ du général commandant la D.I. qui emmène une partie de son état-major. Dans l'après-midi, nous nous transportons avec le reste du Q.G. à Wingene pour nous trouver dans la région d'embarquement de la D.I.­Aussitôt arrivé, je pars faire la reconnaissance dans différentes gares d'embarquement. Je ren­tre tard, vers 22 h, après avoir vu les différents commissaires de gare et constaté un retard déjà sérieux dans l'arrivée et le départ des rames.

Je passe la nuit au presby­tère et je charge le lieutenant Perrault de veiller le lendemain matin de bonne heure aux conditions d'embarquement des unités.

MARDI 21 MAI.

Le général Caille, en raison du retard considérable dans l'embarque­ment, donne la priorité d'em­barquement à l'infanterie, l'artil­lerie étant appelée à faire éventuellement mouvement par véhicules tractés.

Dans la soirée, je fais à nou­veau la tournée des gares et je porte aux unités leur ordre de mouvement.

 

La D.I. s'étant portée à Bail­leul, je m'y rends et y arrive tard dans la nuit. En cours de route, entre Ypres et Bailleul, je vois dans le fossé l'auto du gé­néral Billote, commandant le groupe d'Armées.

En longeant la côte

MERCREDI 22 MAI.

À 4 h du matin, le Q.G. fait mouvement sur Dunkerque.

À 7 h, après une mission de liaison, je me dirige sur Calais où, je trouve par hasard la colonne du Q.G. à laquelle je me joins. Nous nous dirigeons sur Boulogne où nous arrivons au début de l'après-midi. Nous recevons or­dre de nous établir au château de la Cocherie à Saint-Martin, près de Boulogne. Nous avons mission de défendre le Q.G.­Tous doivent participer à la dé­fense dont l'organisation a été confiée au commandant Bona­petit, du G.D..

Nous apprenons successive­ment la chute de Neufchatel, de Desvres et de Samer.

À  21 h 30, encerclés et menacés, le général Lanquetot décide de retourner à pied à Boulogne avec son Q.G. léger. Six voi­tures de liaison sont mises à sa disposition ; le reste du Q.G. doit se diriger sous les ordres du commandant Bonapetit sur Calais.

Nous faisons mouvement dans la nuit par l'itinéraire lon­geant la côte. En cours de route, le commandant Bonape­tit est réquisitionné par un ca­pitaine de frégate en vue de l'organisation d'un point d'ap­pui (1). La marche de la co­lonne est très ralentie en raison des embouteillages.

JEUDI 23 MAI.

 

Nous restons finalement embouteillés et ne pouvons nous mettre en route que vers 13 h. Nous arrivons à Calais après avoir subi au­ dessus de nos têtes, un bom­bardement de la flotte alliée sur la route Boulogne-Calais. Nous atteignons Gravelines où l'on m'arrête. finalement, je reçois par téléphone ordre de l'amiral Nord de retourner sur Calais et éventuellement Boulogne. Nous atteignons Calais vers 19 h. Nous couchons aux alentours de l'hôtel de ville dont le square subit un bombardement dans la nuit.

Appel aux volontaires

VENDREDI 24 MAI.

Je me rends à la Citadelle où l'on me donne l'ordre de retourner sur Dunkerque. Je fais mettre en route la colonne sous les or­dres du capitaine Mas. Je re­tourne à la Citadelle où je trouve le colonel Couturier et le dommandant Hafmayer, du Gé­nie. Nous apprenons à ce mo­ment là que la route de Dunkerque est coupée, aucun espoir de passer d’un côté, ni de l’autre

Avec quelques éléments qui s’étaient égarés  au moment du bombardement de la nuit et qui n’avaient pu partir avec le colonel, je décide de me porter dans la région Nord.

Je vois le capitaine Rieux, de l'E.-M. du 235° R.A.D.L. qui a réussi à ramener de Boulogne ses hommes et ses chevaux. II va essayer de les installer à proximité de Calais et peut-être tenter d'embarquer avec ses hommes.

Le commandant Hafmayer ne pense qu'à s'embarquer et fait pression sur moi. Je me laisse convaincre, nous trou­vons place sur le « Mammou­th ». Heureusement, au moment de lever l'ancre, le Baston XII demande des volontaires pour la défense de Calais. Je débar­que mais hélas! Seul : Je ne trouve plus personne. Tous se sont mis à fond de cale et, le temps pressant, je ne veux pas les rechercher. Je me mets à la disposition du capitaine de fré­gate de Lambertye, comman­dant la défense du front de mer, qui se trouve au Bastion XII

 

(1) Sans doute, s’agit-il du capitaine de frégate Ducoing, organisant un îlot de défense au Cap Gris-Nez.

La place d’Armes, telle que put la voir le capitaine de la Blanchardière, en se rendant à la citadelle, puis au port

 

 

Sur les terre-pleins du quai de la Loire, fin mai 1940, la fumée des incendies est celle du matériel roulant que les Britanniques détruisent par le feu faute de pouvoir le rembarquer.

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